France

Violences périscolaires à Paris : 18 mois de prison requis contre l’animateur pour agression sexuelle

Une peine de dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis a été requise mardi contre un animateur d’une école parisienne jugé pour agressions sexuelles sur mineurs. Depuis début 2026, 78 agents ont été suspendus dans les écoles de la capitale, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles.


Premier procès depuis la découverte de violences répétées dans le périscolaire parisien. Une peine de dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis a été requise mardi contre un animateur d’une école parisienne, jugé pour agressions sexuelles sur mineurs, au terme de débats tenus à huis clos devant le tribunal correctionnel de la capitale, à la demande des parties civiles. Le procureur a demandé que la peine de sursis soit « probatoire », c’est-à-dire conditionnée à l’interdiction de contacter les victimes, d’apparaître à nouveau dans l’école où il travaillait, d’exercer une activité auprès des mineurs, en plus de l’obligation de soins et d’indemnisation. La décision sera rendue le 16 juin.

« On rentre ici dans l’intimité la plus profonde », a souligné en début d’audience Me Julie Chalumeau, l’avocate de cinq des neuf fillettes accusant cet animateur du périscolaire. Les parents de quatre autres anciennes élèves d’une classe de CM2 de l’école Titon, située dans l’est de la capitale, se sont également présentés sans avocats.

Nicolas G., âgé de 47 ans, qui ne s’est pas exprimé auprès de la presse à son arrivée au tribunal, est accusé de harcèlement sexuel à l’encontre des neuf élèves et d’agressions sexuelles sur trois d’entre elles. Toutes avaient 10 ans au moment des faits dénoncés, en 2024. « La plus belle », « mon cœur », « mon trésor », les surnoms qu’il leur donnait, s’accompagnaient de récits de viol, de la prise d’une élève sur ses genoux ou de toucher la poitrine d’une autre. Selon les enfants, il avait aussi déclaré : « Je te ferais des bisous partout si je pouvais ».

L’animateur a été suspendu en octobre 2024 et placé sous contrôle judiciaire. « Nous espérons une condamnation exemplaire qui ouvrirait la voie à d’autres procédures et montrerait le chemin », a réagi le collectif SOS Périscolaire dans un communiqué.

Cette affaire est la première à être jugée depuis les révélations sur des violences répétées dans le périscolaire parisien. Depuis début 2026, 78 agents ont été suspendus dans les écoles de la capitale, dont 31 pour des soupçons de violences sexuelles. Emmanuel Grégoire (PS), le nouveau maire de Paris, a déploré un caractère « systémique ». Face à l’ampleur du scandale, l’ex-premier adjoint d’Anne Hidalgo avait, dès la mi-avril, engagé un plan d’action de 20 millions d’euros pour le périscolaire, considéré comme une « priorité absolue » de son mandat.

Ce plan prévoit une simplification des procédures de signalement avec une cellule d’écoute dédiée et promet une « transparence totale » aux familles ainsi qu’une professionnalisation d’un secteur précarisé – la majorité des 14.000 animateurs parisiens sont vacataires. Cependant, malgré une prise de conscience des défaillances dans le périscolaire, les 3.775 signataires, dont 2.331 parents, d’une lettre remise mardi à Emmanuel Grégoire, avec le soutien de SOS Périscolaire, déplorent que « rien n’a changé concrètement » dans les écoles. Ils demandent au maire « d’allouer des moyens supplémentaires » à ce secteur, qui souffre d’un « manque chronique d’effectifs ». Les syndicats de la profession appellent également à la grève entre le 11 et le 22 mai.