Sexualité : Faire l’amour trois fois par semaine, mythe ou réalité ?
La journaliste spécialisée en intimité Pauline Verduzier, dans son enquête Trois soirs par semaine, remet en question l’idée selon laquelle faire l’amour trois fois par semaine serait le secret d’un couple heureux. Selon elle, il n’existe pas de fréquence idéale qui conviendrait à tous les couples, et l’important est de s’écouter et d’ajuster ses attentes.
Faire l’amour trois fois par semaine. Sur le papier, cette promesse paraît simple : une fréquence sexuelle régulière serait le secret d’un couple heureux. En réalité, cette idée apparaît surtout comme une injonction déconnectée de la réalité. C’est ce que révèle la journaliste spécialisée en intimité, Pauline Verduzier, dans son enquête Trois soirs par semaine.
En s’attaquant à cette norme persistante, elle questionne notre rapport à la sexualité et la pression qui en découle. « La sexualité est devenue une sorte de baromètre de l’épanouissement conjugal, car auparavant le couple était encadré par d’autres institutions telles que le mariage, les enfants, l’accès à la propriété », souligne l’autrice.
« Tiens, ça fait longtemps »
Dans de nombreux couples, la question de la fréquence sexuelle demeure taboue, mais les attentes sont bien présentes. Même si elles ne sont pas explicitement exprimées, l’idée qu’il « faut » faire l’amour régulièrement est ancrée dans les esprits. En conséquence, certains partenaires se forcent, d’autres se sentent coupables, et beaucoup s’interrogent sur leur « normalité ».

Pauline Verduzier met en avant un « calendrier mental » du désir – ce moment où l’on se dit « tiens, ça fait longtemps » – qui s’ajoute à la charge mentale du couple et, par extension, au quotidien. Une charge souvent portée par les femmes, que la sociologue Cécile Thomé décrit comme un « travail en coulisses ».
De plus, la sexualité n’est pas le seul indicateur d’un couple épanoui. Les gestes de tendresse, les moments de complicité ou de communication sincère contribuent également à nourrir le lien, sans passer nécessairement par le rapport sexuel. « Tout le monde a sa définition de l’intimité : elle peut ne pas être sexuelle, elle peut être sensuelle, elle peut ne pas être génitale », insiste l’autrice.
Sortir du « bon chiffre »
Dans le couple hétérosexuel, certaines attentes demeurent imposées sans jamais vraiment être formulées : s’aimer, vivre ensemble, entretenir une vie sexuelle épanouie… le tout de manière fluide, sans accrocs. En réalité, ces équilibres sont souvent plus fragiles, plus mouvants et surtout moins linéaires qu’on ne l’imagine. « Dans beaucoup de couples hétérosexuels, on laisse s’installer des non-dits, des frustrations, du ressentiment, par crainte que cela fragilise le couple. C’est pourquoi il est essentiel de dépasser cette norme implicite et de remettre la sexualité au cœur de la conversation », rappelle Pauline Verduzier.
Dans son essai, la journaliste souligne qu’il n’existe pas de fréquence idéale qui conviendrait à tous. Certains couples ont des rapports réguliers, d’autres plus espacés sans que cela remette en question leur équilibre. Pour Pauline Verduzier, l’essentiel réside ailleurs : dans la capacité à s’écouter, à ajuster ses attentes et à communiquer ouvertement au sein du couple. « Lorsqu’on est constamment empêtré dans la pensée de l’autre, au point de ne plus s’écouter soi-même ni de se demander ce que l’on doit faire, on finit par ne plus savoir ce que l’on désire vraiment », estime-t-elle. Au fond, la vraie question n’est pas tant la fréquence que de savoir si chacun y trouve son compte.

