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Royaume-Uni : Méningite, files d’attente et vaccins en crise

Des étudiants masqués ont cherché des médicaments dans un bâtiment de la faculté transformé en clinique en raison d’une épidémie de méningite au Royaume-Uni, qui a déjà causé la mort de deux personnes. Le ministre de la Santé Wes Streeting a indiqué que la majorité des cas, passés de 15 à 20 mercredi, étaient liés à une discothèque de Canterbury, le Club Chemistry, fréquentée par des étudiants de l’université du Kent.


Des étudiants portant des masques font la queue pour recevoir des médicaments dans un bâtiment de la faculté réaménagé en clinique. Cette image frappante illustre la crise sanitaire qui touche le Royaume-Uni, où une épidémie de méningite est en cours. Deux décès ont déjà été enregistrés. Le nombre total de cas signalés aux autorités sanitaires, tous des jeunes adultes, est passé de 15 à 20 mercredi. « De toute ma carrière, il s’agit de loin de l’épidémie de méningite qui s’est propagée le plus rapidement », a déclaré le Dr Thomas Waite, médecin-chef adjoint de l’Angleterre.

Le ministre de la Santé, Wes Streeting, a précisé que la majorité des cas est liée à une discothèque de Canterbury, le Club Chemistry, qui attire des étudiants de l’université du Kent. Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a appelé mercredi les personnes ayant fréquenté cet établissement les 5, 6 et 7 mars à se signaler pour recevoir des antibiotiques. Environ 2 000 personnes ont visité le club durant ces trois soirées.

Depuis mercredi après-midi, les étudiants résidant sur le campus peuvent également se faire vacciner. Ils étaient nombreux à faire la queue devant le centre sportif de l’établissement où se déroulent les vaccinations. L’agence sanitaire UKHSA a indiqué que « jusqu’à 5 000 étudiants » pourront bénéficier de cette vaccination.

## Crainte d’une propagation de l’épidémie

Devant les députés, Keir Starmer a exprimé ses condoléances aux proches des deux jeunes décédés, une élève de terminale de 18 ans nommée Juliette et un étudiant de 21 ans de l’université du Kent. « D’autres sont gravement malades », a-t-il souligné. Le ministre de la Santé a également fait part de sa préoccupation. « Ce qui nous inquiète […], c’est la rapidité et l’ampleur de la propagation de la maladie – c’est sans précédent. »

La crainte d’une propagation accrue de l’épidémie se renforce, et l’agence a mis en garde mercredi les professionnels de santé en Angleterre, leur demandant d’être en « haut degré de suspicion lorsqu’un jeune de 16 à 30 ans consulte pour des symptômes » pouvant correspondre à la méningite. Une des personnes infectées a été admise dans un hôpital londonien, mais elle n’a pas « eu de contacts avec la population locale à Londres », a-t-elle également précisé.

## Une personne hospitalisée en France

Des chercheurs en laboratoire s’efforcent de déterminer si cette propagation est liée à une éventuelle souche mutante du méningocoque B, d’après l’agence britannique PA. Les méningites bactériennes, qui sont moins fréquentes que les virales, peuvent être mortelles si elles ne sont pas traitées rapidement et, même dans le cas d’un traitement, présentent un risque élevé de mortalité et de séquelles graves.

Par ailleurs, le ministère de la Santé français a confirmé qu’une personne ayant fréquenté l’université du Kent est actuellement hospitalisée dans un état stable en France.