Qu’est-ce que l’ICE, l’agence anti-immigration de Donald Trump ?
Renee Nicole Good, une Américaine de 37 ans, a été abattue mercredi à Minneapolis (Minnesota) par un agent de la police fédérale de l’immigration (ICE) alors qu’elle se trouvait au volant de sa voiture. Selon le site de l’ICE, l’agence ne compterait pas moins de « 20.000 agents et membres de personnel de soutien » répartis dans plus de 400 bureaux dans le pays.
Renee Nicole Good, une Américaine âgée de 37 ans, a été tuée par un agent de la police fédérale de l’immigration (ICE) mercredi à Minneapolis, dans le Minnesota, alors qu’elle était au volant de sa voiture. En quelques heures, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés devant les bureaux de l’agence à New York, après que la scène a été diffusée sur les réseaux sociaux et dans les médias.
Les autorités américaines ont qualifié cet incident de « légitime défense », ce qui a suscité une controverse concernant les méthodes de l’ICE. Les critiques portent sur des pratiques telles que les raids antimigrants, les interpellations injustifiées et les arrestations violentes. Fondée en 2003 à la suite de la fusion des services d’enquête et de répression intérieure de l’ancien Service des douanes des États-Unis et du Service de l’immigration et de la naturalisation, l’ICE a radicalement évolué sous la présidence de Donald Trump.
Le site officiel de l’ICE indique que l’agence dispose d’un budget annuel d’environ 8 milliards de dollars. Ce montant pourrait augmenter avec le projet de budget 2025, connu sous le nom de One Big Beautiful Act, qui prévoit d’allouer près de 170 milliards de dollars (environ 146 milliards d’euros) aux services de l’immigration et des frontières aux États-Unis sur quatre ans.
Ces financements ont permis à l’ICE de lancer une importante campagne de recrutement. Selon le site de l’ICE, l’agence compte actuellement « 20 000 agents et membres de personnel de soutien » répartis dans plus de 400 bureaux à travers le pays. Un reportage traduit par le Courrier International et publié par le Los Angeles Times rapporte qu’une campagne de recrutement a été mise en œuvre récemment avec l’objectif d’embaucher 10 000 « agents de déportation » d’ici la fin de l’année 2025.
L’article évoque un véritable « salon de l’emploi » organisé fin août au Texas, auquel auraient assisté environ 3 000 personnes, avec près de 700 offres d’emploi proposées. « Le ministère a assoupli les restrictions d’âge pour les candidats et propose des incitations telles que des primes allant jusqu’à 50 000 dollars ou le remboursement de prêts étudiants », précise l’article, ajoutant que « ces deux journées de recrutement au Texas montrent que les prétendants ne manquent pas ».
Une enquête publiée dimanche par The Guardian désigne l’année 2025 comme « la plus meurtrière pour l’ICE ». En effet, au cours de cette année, 32 personnes seraient décédées en détention au sein du service de l’immigration et des douanes, un chiffre qui n’a pas été atteint depuis plus de deux décennies. « Certaines avaient été arrêtées pour des infractions pénales ou avaient purgé une peine ; d’autres avaient été interpellées lors de rafles arbitraires menées par l’ICE », souligne le média britannique, relevant des morts par « négligence » alors que ces détenus avaient tenté à plusieurs reprises d’obtenir des soins médicaux. L’enquête révèle que sur les 68 440 personnes détenues mi-décembre, près de 75 % n’avaient pas de casier judiciaire.
Quelques heures après la mort de Renee Nicole Good, deux personnes ont été blessées par des tirs de la police fédérale à Portland, dans l’Oregon. « À peine un jour après les violences horribles commises par des agents fédéraux dans le Minnesota, notre communauté à Portland est à présent confrontée à un autre incident profondément troublant », a déclaré le maire de Portland, Keith Wilson, dans un communiqué. Le maire démocrate a appelé l’ICE à « mettre fin à toutes ses opérations à Portland jusqu’à ce qu’une enquête approfondie puisse être menée ».
Selon le ministère de la Sécurité intérieure, cet événement s’est produit lors d’un contrôle policier d’un véhicule, affirmant que le passager était un sans-papiers vénézuélien lié au gang Tren de Aragua. Sur X, le ministère a indiqué que les deux occupants avaient tenté de « rouler sur les policiers », qui ont alors répliqué. Ce récit est similaire à celui fourni à Minneapolis, bien que la deuxième fusillade ne soit pas survenue au cours des manifestations déclenchées par la mort de Renee Nicole Good. Un rapport du New York Times publié en parallèle de cette fusillade mortelle signale qu’au cours des quatre derniers mois, des agents de l’immigration auraient ouvert le feu sur au moins neuf personnes à bord de leur véhicule.

