France

Patrick Bruel : « Machination ignoble » et « trop de témoignages », fans divisés sur concerts

Patrick Bruel est visé par plusieurs plaintes pour viols et agressions sexuelles, et sa tournée débute le 16 juin prochain. De nombreux fans expriment des sentiments partagés, allant du soutien indéfectible à un malaise grandissant ou un boycott assumé.


Alors que Patrick Bruel fait l’objet de plusieurs plaintes pour viols et agressions sexuelles, avec le témoignage de Flavie Flament en tête, certains maires demandent l’annulation de sa tournée qui commence le 16 juin prochain. Pour de nombreux fans de l’artiste, cette situation est déroutante, notamment pour ceux ayant déjà acheté des billets pour ses concerts, qui se demandent aujourd’hui s’ils doivent y assister ou non, de peur de soutenir l’artiste. Interrogés par 20 Minutes, de nombreux lecteurs et lectrices ont exprimé des avis très tranchés, oscillant entre soutien inconditionnel pour Bruel, défense de la présomption d’innocence, malaise croissant ou appel au boycott.

Les nombreux témoignages, souvent de femmes, révèlent une communauté de fans profondément divisée, tiraillée entre admiration artistique et accusations portées contre l’artiste. Bien qu’un soutien au chanteur prédomine, des nuances émergent. Pour certains, soutenir Patrick Bruel signifie défendre la présomption d’innocence face à un « tribunal médiatique » et politique. D’autres estiment en revanche que le nombre d’accusations portée contre lui rend impossible toute séparation entre l’artiste et l’homme.

Parmi les soutiens les plus fervents, la fidélité reste intacte. L’internaute Monaco dénonce un « lynchage nauséabond » et assure qu’il ira malgré tout au concert, considérant le chanteur comme une victime d’une « machination ignoble ». Céline, fan « depuis le début de sa carrière », attend son concert à Toulouse avec impatience, affirmant que « tout ce qu’on dit sur lui est faux ». Jim, qui a réservé son train et son hôtel pour le Cirque d’Hiver à Paris, refuse de se soumettre au « tribunal des médias et des réseaux sociaux » et appelle à laisser « la justice faire son travail ». Jérôme souligne qu’« il n’y a rien de fait et il n’y a pas de condamnation », dénonçant un « acharnement ».

Pour Virginie, fan depuis plus de quarante ans, la relation est bien plus qu’un simple attachement musical. Elle raconte avoir surmonté « problèmes de couple, deuils, burn-out » grâce aux chansons de Bruel. Ses rencontres avec lui l’ont convaincue qu’il est « quelqu’un de simple, respectueux, accessible et profondément humain ». « Il fait partie de ma construction personnelle », déclare-t-elle.

D’autres fans font la distinction entre l’homme et l’artiste. Nathalie tient à voir « le chanteur », sa présence sur scène et son interaction avec le public, sans cautionner d’éventuels faits. Carole, fan depuis trente-cinq ans, défend que « un dragueur, un séducteur » n’est pas forcément un « violeur ou un agresseur », jugeant certaines accusations comme un emballement du mouvement #MeToo.

Globalement, la défense de l’artiste par ses fans met en avant la présomption d’innocence. Marie-Neige affirme avoir lancé une pétition réunissant plusieurs milliers de signatures pour soutenir « le maintien des concerts au nom de la présomption d’innocence ». Charlus, peu amateur de Bruel, appelle à « laisser la justice faire son travail avec neutralité ». Chrystel, qui possède des billets pour le Cirque d’Hiver et le Zénith, continue de suivre l’artiste « en attendant une décision de justice », tout comme Catherine. Régis déplore que certains « condamnent sans savoir », tandis que Danielle évoque son respect « pour le travail accompli et pour les musiciens qui l’accompagnent ».

Cependant, parmi les admirateurs de longue date, le doute s’installe parfois de manière brutale. Coralie, fan depuis l’enfance, affirme croire les femmes ayant porté plainte, pensant qu’« elles n’ont aucun intérêt à mentir ». Elle envisage de ne pas assister au concert parisien du 8 octobre, expliquant que cela la dégoûte de contribuer à son enrichissement. Jacky souhaite annuler ses deux places, regrettant de ne pas pouvoir le faire et critiquant le chanteur : « Il a le beau rôle car il est rémunéré, que l’on soit présent ou pas. »

Hélène, qui venait de réserver ses billets pour revivre son « adolescence », ne peut désormais « plus du tout y aller » : « Il me serait impossible de passer un bon moment. » Gérard, fan depuis longtemps, déclare vouloir revendre ses trois billets pour le Zénith de Pau, convaincu qu’« il n’y a pas de fumée sans feu. Très déçu de « monsieur Bruel ». »

D’autres fans ont pris une décision ferme. Linda, fan depuis l’adolescence, annonce qu’elle ne se rendra pas à son concert, affirmant qu’« il y a trop de témoignages ». Valérie, qui allait à plusieurs concerts par an, explique que « quelque chose s’est brisé » et que, en tant que femmes et mères, elles ne peuvent plus « se voiler la face ». Le symbole du « siège vide » est cité par plusieurs ; Anna et son mari décident de ne pas se rendre à leur concert à Genève, déclarant que « nos deux places vides transmettront un message ». Brigitte fait également une croix sur le concert prévu à Strasbourg avec ses filles.

Certaines réactions sont encore plus radicales. Katia juge « inacceptable » que l’artiste poursuive sa tournée si les accusations sont fondées. Anne, fan depuis 1991, hésite « entre brûler ses places et les revendre », considérant que « autant de témoignages de femmes » ne peuvent être ignorés. Géraldine, une autre admiratrice de longue date, trouve que « les textes de ses chansons sonnent faux désormais ». Pour Caroline, née « en pleine Bruelmania », assister au concert reviendrait à « cracher sur les victimes ». Maud, qui devait emmener sa fille de 15 ans à un concert, se dit « profondément triste et déçue » et choisit de « croire la parole de ces femmes ».

De plus, certains témoignages soulignent un malaise plus général autour de la célébrité et du pouvoir. Didier parle d’une situation « malaisante » et encourage le milieu artistique à sortir du silence. Lio a admis mardi soir à Toulouse : « On le sait depuis des années… Qu’il aille se faire soigner ! » L’internaute Roudman affirme qu’une personnalité publique « se doit d’avoir une attitude digne et irréprochable », tandis qu’Unseen explique avoir annulé son déplacement, incapable de « soutenir un artiste au cœur d’un tel nombre d’accusations sérieuses ». Entre fidélité inconditionnelle, hésitations douloureuses et ruptures définitives, la tournée du chanteur promet d’être très animée.