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Oscars 2026 : Timothée Chalamet ne a-t-il pas tout perdu ?

Timothée Chalamet a été devancé par Michael B. Jordan aux Oscars, qui ont eu lieu le dimanche soir, cette dernière remportant la statuette pour son rôle dans Sinners. Une membre de l’Académie a déclaré avoir jugé Timothée Chalamet sur son travail, mais a exprimé son rejet « viscéral » du protagoniste « détestable » de Marty Supreme.

Que s’est-il passé pour Timothée Chalamet ? Considéré comme le grand favori depuis janvier pour l’Oscar du meilleur acteur grâce à son rôle d’un joueur de ping-pong ambitieux dans Marty Supreme, le Franco-Américain a été devancé dimanche soir par Michael B. Jordan, lauréat de la précieuse statuette pour son interprétation dans Sinners.

« C’est devenu viral très tardivement »

Depuis une semaine, l’acteur est au cœur d’une polémique après avoir qualifié l’opéra et le ballet de « trucs » dont « plus personne n’a rien à faire ». Cette déclaration lui a valu des critiques de la part de grandes institutions d’opéra, de célébrités d’Hollywood comme Jamie Lee Curtis, ainsi que du principal du lycée LaGuardia à New York, l’établissement qui a contribué à sa formation et qui a inspiré la comédie musicale Fame.

Sur les réseaux sociaux, certains « haters » en profitent pour imaginer Chalamet dans une comédie fictive intitulée Comment perdre un Oscar en dix jours. Néanmoins, cette controverse n’aurait « aucun impact sur les Oscars, ce n’est pas un facteur », souligne à l’AFP Pete Hammond, chroniqueur pour le site Deadline, spécialisé dans l’actualité du secteur du divertissement.

Les propos de l’artiste, prononcés fin février, étaient initialement passés inaperçus avant de susciter un tollé en milieu de semaine dernière, c’est-à-dire juste avant la clôture des votes pour les Oscars, le 5 mars. « C’est devenu viral très tardivement et ce n’était pas assez tôt pour influer sur le vote », insiste M. Hammond.

La malédiction de la jeunesse ?

La défaite de Timothée Chalamet face à l’Académie reste frappante. Après avoir remporté le prix de la critique américaine et le Golden Globe du meilleur acteur début janvier, il semblait avoir de solides chances pour l’Oscar. Or, cette dynamique a brusquement changé dans les dernières semaines de la campagne.

Tout d’abord avec une défaite aux BAFTA, l’équivalent britannique des Césars, suivie d’un échec aux Actor Awards, décernés par le syndicat des acteurs américains. L’organisation a favorisé Michael B. Jordan pour son double rôle de jumeaux mafieux, luttant contre l’Amérique ségrégationniste et confrontés à des forces surnaturelles dans Sinners. Cela a relancé le suspense, les acteurs constituant le groupe de votants le plus important au sein de l’Académie.

Pour expliquer ce retournement inattendu, plusieurs hypothèses émergent. Dès janvier, le New York Times soulignait qu’à 30 ans, Timothée Chalamet devait surmonter la « malédiction » des jeunes acteurs pour remporter l’Oscar. Historiquement, l’Académie privilégie les vétérans : Leonardo DiCaprio, en lice cette année pour Une bataille après l’autre, en a fait l’expérience, ayant dû attendre ses 41 ans et sa cinquième nomination pour être récompensé.

Sur les réseaux sociaux, certains soulignent aussi l’arrogance supposée d’un acteur qui a affirmé l’année dernière son désir de rejoindre les « grands » du cinéma et a déployé tous ses efforts pour promouvoir Marty Supreme.

« Personnage antipathique »

Timothée Chalamet a joué avec le ton prétentieux de son personnage en divulguant une visioconférence parodique où il suggérait de repeindre la Statue de la Liberté à New York en orange, la couleur des balles de ping-pong du film. Il a également pris des poses conquérantes au sommet de la sphère géante de Las Vegas.

« C’était un chef-d’œuvre de marketing pour le film », qui a connu un grand succès au box-office, remarque Pete Hammond. Toutefois, ce « battage médiatique » a pu créer des attentes excessives, qui ont finalement déçu, en particulier chez les « votants plus âgés ».

Une membre de l’Académie assure avoir jugé Timothée Chalamet uniquement sur son travail, mais admet à l’AFP son rejet « viscéral » du protagoniste « détestable » de Marty Supreme. « Il a réussi à incarner un type antipathique, je lui accorde ça », confie cette votante. « Mais je n’ai pas eu l’impression qu’il ait dû se dépasser autant que Wagner Moura dans  »L’Agent Secret », ou même Leonardo DiCaprio dans  »Une bataille après l’autre ». »