Nagui : « Très bien payé », son producteur défend son « talent assez unique »
Le producteur Stéphane Courbit a reconnu que l’animateur de France Télévisions Nagui était « très bien payé » pour son « talent assez unique », sans révéler sa rémunération exacte, ce mercredi, devant la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public. En 2020, Mediapart avait révélé un contrat de 100 millions d’euros entre France Télé et Air Productions, pour plusieurs émissions pendant trois ans, dont le jeu quotidien « N’oubliez pas les paroles » et le programme musical « Taratata ».
Le producteur Stéphane Courbit a admis que l’animateur de France Télévisions, Nagui, était « très bien payé » pour son « talent assez unique », le comparant à des footballeurs, sans toutefois dévoiler le montant exact de sa rémunération, ce mercredi, lors de son audition devant la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public. Il s’exprimait aux côtés d’autres représentants de Banijay Group, l’entreprise qu’il préside et qui a acquis en 2008 Air Productions, la société de Nagui.
« [Animateur télé est] un métier où les talents sont assez rares, c’est pour ça qu’ils sont si bien payés par rapport aux métiers de 99 % des Français », a précisé Stéphane Courbit. Il a ajouté que Nagui, tout comme Cyril Hanouna qu’il a mentionné, « ne sont pas très inquiets sur leur avenir » car ils peuvent facilement trouver d’autres acquéreurs pour leurs productions, selon lui.
Les chaînes, quant à elles, sont « protégées par des clauses d’audience », qui leur permettent de rompre des contrats si les audiences ne sont pas satisfaisantes, a détaillé le producteur. Nagui reste fidèle à France Télé, mais « c’est nous qui le payons, ce n’est pas le service public. D’une certaine façon, cela me regarde si je le paie trop ou pas assez », a souligné Alexia Laroche-Joubert, PDG de Banijay France, face aux questions du rapporteur, le député UDR Charles Alloncle.
Ces derniers mois, l’élu de droite a critiqué Nagui, le qualifiant de « personne, sur les dix dernières années en France, qui s’est le plus enrichie sur l’argent public », avançant le chiffre de « centaines de millions » d’euros selon lui. L’animateur avait réagi en accusant le député de racisme insidieux et avait menacé de saisir la justice.
En 2020, Mediapart avait révélé qu’un contrat de 100 millions d’euros avait été signé entre France Télé et Air Productions pour plusieurs émissions sur une période de trois ans, incluant le jeu quotidien « N’oubliez pas les paroles » et le programme musical « Taratata ». « N’oubliez pas les paroles » est la seule émission, avec Télématin, à générer pour France Télévisions plus de revenus publicitaires que son coût. Cette émission représente même 10 % des revenus publicitaires du groupe, d’après Alexia Laroche-Joubert.
France Télé représente 1 % du chiffre d’affaires global de Banijay Group, et 30 % des revenus en France. « On n’est pas dépendants » du groupe public, a insisté François Riahi, directeur général du géant du divertissement, dont plus de 80 % des actions sont détenues par des actionnaires français. Sa société produit également « Fort Boyard » pour France Télé ou « Koh-Lanta » pour TF1 et compte parmi ses actionnaires Vivendi, appartenant au milliardaire Vincent Bolloré, qui pourrait être convoqué par la commission d’enquête.

