Municipales 2026 : Doucet réélu, soutiens célèbrent « un joyeux anniversaire de défaite » à Aulas
Grégory Doucet, maire sortant, a obtenu 53,1 % des voix, tandis que Jean-Michel Aulas a récolté 46,9 %, selon une publication d’Ipsos pour France Télévisions, Radio France et Public Sénat/LCP. Bruno Bernard, président écologiste de la métropole de Lyon, a annoncé sa défaite face à Véronique Sarselli, candidate Les Républicains, précisant que les électeurs avaient donné aux listes Grand Cœur Lyonnais une majorité absolue au Conseil de la métropole.
« On a gagné, on a gagné ! » À 20h48, lorsque les premières estimations sont révélées, le Malting-Pot de Part Dieu, désigné comme le QG de l’union de la gauche et des écologistes à Lyon, s’enflamme. Grégory Doucet, le maire sortant, est en tête avec 53,1 % des voix, contre Jean-Michel Aulas, qui obtient 46,9 %, d’après une publication d’Ipsos pour France Télévisions, Radio France et Public Sénat/LCP. Les personnes présentes crient, applaudissent, s’enlacent et certains pleurent.
« Toute la pression retombe. On est soulagé », confie Murielle*, essuyant une larme au coin de ses yeux. Cette habitante de Lyon ne pouvait « pas voir la ville avec un maire comme Aulas ». Elisabeth, 68 ans, partage aussi sa joie. « Oh je suis si contente », s’exclame-t-elle, le sourire aux lèvres. Cette résidente du 3e arrondissement admet avoir « eu un petit doute ».
Elle ajoute : « Presque 54 %, ce n’est pas rien ! » Elle explique : « Je ne pouvais pas imaginer une seule seconde Jean-Michel Aulas maire de la ville. Des jeunes m’avaient confié qu’ils déménageraient de Lyon si ça avait été le cas ! » C’était la première fois qu’elle s’engageait pour une campagne politique. « Quand j’ai vu qu’il y avait un risque qu’Aulas passe, je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque chose, je ne pouvais pas rester sans rien faire », raconte-t-elle.
« Doucet, Doucet, Doucet ! » s’élèvent les chants de victoire dans le bar, et les militants de Grégory Doucet scandent à chaque apparition des résultats lyonnais, affichés sur des écrans géants. « Qui ne saute pas n’est pas Lyonnais, hey, hey », chantent les partisans avant de se mettre à entonner un « joyeux anniversaire » pour Jean-Michel Aulas, qui célèbre ce dimanche son 77e anniversaire. « Une défaite, c’est un beau cadeau, non ? », lance Madison, 26 ans, avec ironie.
Un peu plus tôt dans la soirée, elle avait « prédit » une victoire pour la mairie. « Je ne me trompe jamais », ajoute-t-elle, fière et surtout « rassurée ». « Depuis dimanche dernier, je crois en cette dynamique de la »remontada ». J’avais confiance en ma ville », assure-t-elle, habitante de Lyon depuis 2018, et témoin des résultats positifs de ces six ans de mandats. « Il a tenu 96 % de ses engagements », souligne-t-elle. Comme Madison, ses inquiétudes se portent désormais sur la métropole, qui pourrait passer à droite. Aulas avait déjà remporté quatre circonscriptions sur 14 dès le premier tour. « Je suis triste de ce qu’il va se passer », déclare Elisabeth.
Dans la soirée, le président écologiste de la métropole de Lyon, Bruno Bernard, a annoncé sa défaite face à la candidate Les Républicains, Véronique Sarselli, alliée à Jean-Michel Aulas. « Les électeurs ont tranché. Ils ont donné aux listes Grand Cœur Lyonnais une majorité absolue au Conseil de la métropole », a-t-il indiqué dans un communiqué. « Il risque d’y avoir de gros blocages pour la mise en place de projets », annonce Perrine, 45 ans, qui s’est rendue au QG de Grégory Doucet avec son compagnon pour « vivre au cœur du réacteur les résultats ».
Le maire a fait son apparition vers 22h40 dans ce bar du quartier de la Part Dieu, sur « Hang on » de Madonna. Il a eu du mal à traverser la foule qui ne cessait de l’applaudir et de le féliciter pour atteindre l’estrade. Malgré un écart de voix qui s’était réduit avec son adversaire, il a prononcé un discours de « victoire », remerciant les électeurs et électrices et laissant transparaître sa joie à travers des poings levés vers le ciel et des cœurs formés avec ses mains. « Nous saurons être les défenseurs des politiques sociales et écologiques qui ont fait de ce territoire un territoire inspirant, prospère et solidaire », a-t-il déclaré.
Jusqu’aux premières estimations, l’ambiance dans le bar était plus « tendue », « stressante ». Cette tension s’expliquait par le duel très serré entre les deux candidats depuis le premier tour des élections municipales, où le maire sortant écologiste avait obtenu 37,4 % des voix, juste devant le candidat de la droite et du centre, Jean-Michel Aulas, avec 36,8 %. Ce dernier promettait un « match retour » après les résultats du dimanche précédent. Mais, à l’image du club qu’il a présidé, il subit une défaite sans encore l’accepter.
Le maire écologiste et son rival, Jean-Michel Aulas, étaient donnés chacun avec 50 % d’intentions de vote selon un sondage publié vendredi*. La candidate de La France insoumise, Anaïs Belouassa-Cherifi, qui avait terminé avec 10,4 % des voix au premier tour, avait rejoint la liste de Grégory Doucet par une « fusion technique » pour « contrer la menace Aulas ».
L’ancien président de l’Olympique lyonnais, défait ce dimanche par Monaco (1-2), avait qualifié cette alliance de « accord de la honte », justifiant ainsi son refus de débattre avec son rival dans l’entre-deux-tours.
*Ce sondage de l’institut OpinionWay pour LyonMag et Radio Espace a été réalisé du 17 au 20 mars sur un échantillon de 614 personnes inscrites sur les listes électorales à Lyon, soit après l’accord de « fusion technique » des listes de la France insoumise avec celles du maire.

