France

Municipales 2026 : Candidats impliqués pour les « mères solos » ?

En France, une famille sur quatre est monoparentale, et plus des trois quarts de ces familles sont des femmes. Actuellement, seules six communes en France ont des plans municipaux dédiés aux familles monoparentales.


En France, une famille sur quatre est monoparentale, avec plus des trois quarts de ces foyers dirigés par des femmes. Pour mettre en lumière les problématiques spécifiques rencontrées par ces familles, le collectif des Mères Déters a lancé une initiative visant à interroger les candidats aux élections municipales au sujet d’un pacte. Ce pacte se compose de 10 engagements, comprenant un « plan municipal dédié », l’accès à un « logement digne », ainsi que des facilités pour les « loisirs, les sports et la culture », et la promesse de « soutenir les séparations et protéger les familles monoparentales contre les violences ».

Pour l’instant, 50 candidats ont signé le pacte, ce qui peut sembler peu par rapport aux près de 35.000 communes en France, dont un grand nombre présentent de nombreuses listes pour les élections municipales. Cependant, ce chiffre est significatif, car seules six communes disposent actuellement de plans municipaux dédiés. Les Mères Déters espèrent donc augmenter ce nombre.

Certains candidats semblent s’engager davantage sur ce sujet. À Nice, Juliette Chesnel-Le-Roux (gauche & écologistes) a rédigé un diagnostic d’une vingtaine de pages. À Grenoble, un candidat de La France Insoumise aurait organisé, selon les Mères Déters, une réunion spécifique consacrée aux familles monoparentales.

La Ville de Paris est également active, avec les prétendants Sophia Chikirou (LFI) et Emmanuel Grégoire (L’union de la gauche et des écologistes) qui, selon les militantes, ont les « pactes les plus développés ». Sophia Chikirou propose de ne pas prendre en compte les pensions alimentaires versées par les pères dans le calcul des tarifs municipaux, tandis qu’Emmanuel Grégoire veut permettre aux mères isolées de faire garder leur enfant le matin, ce qui n’est pas possible actuellement dans une des rares villes comme Paris.

« Nous allons renforcer le sujet des aides aux familles monoparentales dans tous les domaines », déclare Emmanuel Grégoire à 20 Minutes, souhaitant également revoir les critères d’attribution des logements sociaux. « Une maman célibataire qui gagne bien sa vie peut se retrouver dans une situation précaire par rapport à un couple où chacun perçoit 2.000 euros », souligne-t-il.

En Bretagne, Ulysse Rabaté, candidat de la liste « citoyenne, populaire et écologiste », a inscrit une maman célibataire en deuxième position sur sa liste. Également signataire du pacte, il propose de créer un « statut local de parent isolé », donnant un accès prioritaire au logement et aux activités extrascolaires, ainsi qu’un droit de garde durant certains temps municipaux, comme les réunions de concertation souvent négligées par les mamans isolées.

À Nantes, Margot Medkour de Nantes populaire envisage de créer un lieu de répit pour les aidants au centre-ville, permettant à ces femmes surchargées de confier leurs enfants pour quelques heures le week-end ou en soirée.

Selon les Mères Déters, bien que ces « avancées soient réelles », elles restent « minoritaires »: « dans de nombreux programmes, les termes « monoparentalité » ou « mères isolées » ne figurent que sporadiquement », notent-elles, souvent sans véritable programme associé.

Elles constatent également l’absence de réaction des candidats de droite sur ce sujet qu’elles jugent « transpartisan »: « nous avons sollicité les partis de droite mais c’est la gauche qui a répondu ». Contacté par 20 Minutes, l’entourage de Rachida Dati, candidate LR aux municipales à Paris, n’a pas donné suite à nos demandes.