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La mission Artémis 2 ravive la théorie du « canular lunaire »

Les quatre astronautes de la Mission Artémis II doivent revenir sur Terre dans la nuit du 10 au 11 avril, après dix jours passés à bord de la capsule Orion. Plus de cinquante ans après son apparition, la théorie du « Moon Hoax » persiste malgré les nombreuses images authentifiées qui sont diffusées.

Le retour des quatre astronautes de la Mission Artémis II est imminent. Ils doivent revenir sur Terre dans la nuit de vendredi 10 à samedi 11 avril, après avoir passé dix jours à bord de la capsule Orion. L’objectif principal de leur mission était de découvrir des zones de la Lune qui n’avaient jamais été observées directement par un être humain. Au cours de cette mission, ils ont également battu le record de la plus grande distance atteinte par des humains dans l’Espace, un record précédemment détenu par l’équipage d’Apollo 13.

Comme d’autres missions précédentes, la mission Artémis II a nourri une ancienne théorie du complot liée à la conquête de l’Espace : le « canular lunaire », ou « Moon hoax » en anglais.

Les quatre membres de l'équipage d'Artemis II, à l'intérieur de la capsule Orion sur le chemin du retour.
Les quatre membres de l’équipage d’Artemis II, à l’intérieur de la capsule Orion sur le chemin du retour.  - UPI/Newscom/SIPA

Selon cette théorie, tous les éléments relatifs à la conquête de la Lune seraient mensongers, notamment l’idée que l’homme aurait foulé le sol lunaire. Selon les partisans de cette théorie, tout aurait été tourné en studio, comme une production hollywoodienne. Pour la mission Artémis, plusieurs internautes affirment – à tort – détenir les preuves irréfutables de cette imposture.

FAKE OFF

Tout a commencé avec le décollage de la fusée, le 1er avril dernier. À peine la fusée décollée, des vidéos montrent quatre nacelles se dirigeant vers le sol. Certaines publications affirment qu’il s’agirait d’un système de téléphérique ayant pour but d’évacuer « discrètement les astronautes de la fusée », une information largement partagée.

En réalité, il s’agit du Slidewire Emergency Egress System, un dispositif d’urgence permettant aux astronautes de quitter le pas de tir « en cas de problème de dernière minute juste avant le décollage », comme l’indique un article du New York Times.

Certains internautes soutiennent également que les images du décollage ont été générées en studio et qu’il s’agit d’images de synthèse. Une vidéo créée par intelligence artificielle, vue plus d’un million de fois, présente un court extrait censé illustrer cette affirmation. On y voit des astronautes devant un fond vert, semblant être suspendus par des câbles pour simuler l’apesanteur.

Un vrai extrait manipulé

Les conférences de presse quotidiennes des astronautes, diffusées sur la chaîne YouTube de la NASA, seraient également tournées dans ces studios. Un argument avancé sur l’apparition de lettres sur la peluche « Rise » lors d’une de ces conférences de presse indique qu’un problème technique prouverait « clairement que tout est filmé sur fond vert », comme le précise une publication ayant récolté plus d’un million de vues.

Pourtant, en comparant la vidéo originale avec celle décrite dans ce post, il n’est à aucun moment mention d’un problème technique. Il est évident que l’extrait partagé par l’internaute a été manipulé.

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Pour distinguer le vrai du faux, il est judicieux de comparer les images authentiques de la NASA avec celles circulant sur les réseaux sociaux, surtout pour les photographies prises de la Terre et de la Lune par l’équipage.

Une théorie qui perdure

Plus de cinquante ans après son apparition et bien que de nombreuses images authentifiées aient été publiées, la théorie du « Moon Hoax » continue de circuler. À ses débuts, comme l’a évoqué James Oberge, ancien ingénieur de la NASA, cette théorie reflétait une forme de difficulté d’adaptation face aux avancées technologiques.

« Pendant longtemps, affirmer que l’on visait la Lune était une simple expression, une métaphore pour quelque chose d’impossible. Le “grand pas pour l’humanité” représentait une avancée physique mais aussi psychologique que beaucoup de gens étaient incapables de franchir », expliquait-il. Paolo Attivissimo, auteur d’un ouvrage sur cette théorie, ajoutait : « L’exploration spatiale était réellement quelque chose de nouveau, et beaucoup n’avaient pas eu le temps de s’adapter à cette nouvelle réalité ».

Au début des années 1970, la publication du livre Nous ne sommes jamais allés sur la Lune a ravivé cette théorie. Son auteur, ancien employé de l’entreprise ayant fabriqué les lanceurs des missions Apollo, a été présenté dans un documentaire diffusé sur la Fox en 2001, où il conclut que la mission Apollo 11 a été entièrement simulée… dans le désert du Nevada.