France

Hantavirus : Informations clés suite à la conférence de la ministre de la Santé.

Une Française de plus de 65 ans est actuellement hospitalisée dans un état grave à l’hôpital Bichat à Paris, tandis que quatre autres croisiéristes français rapatriés avec elle sont négatifs et ne présentent pas de symptômes. Les autorités assurent qu’à ce stade, il n’existe « pas d’élément en faveur d’une circulation du virus sur le territoire national ».


Mardi après-midi, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a organisé une conférence de presse, entourée notamment de l’infectiologue Xavier Lescure, du virologue Olivier Schwartz, de l’épidémiologiste Antoine Flahault et de la directrice générale de Santé publique France, Caroline Semaille.

L’objectif était de faire le point sur l’épidémie d’hantavirus qui a déjà causé trois décès parmi les passagers du MV Hondius et de répondre aux préoccupations en France. 20 Minutes vous informe des derniers éléments.

Que sait-on des cas recensés en France ?

Une femme française de plus de 65 ans est actuellement hospitalisée dans un état grave à l’hôpital Bichat à Paris. D’après Xavier Lescure, elle présente « la forme la plus sévère de la présentation cardiopulmonaire » de la maladie. La patiente est sous ECMO, un système de circulation extracorporelle souvent désigné comme « poumon artificiel ».

Les quatre autres croisiéristes français rapatriés avec elle ont été testés négatifs et ne présentent aucun symptôme. Par mesure de précaution, 22 Français contacts ont également été identifiés et hospitalisés. « Ils se portent très bien et n’ont pas de symptômes, en tout cas d’après les interrogatoires effectués et les premiers hospitalisés, ils ne montrent pas de symptômes cliniques », a précisé la ministre.

Le virus circule-t-il en France ?

À ce stade, les autorités affirment que ce n’est pas le cas. « Les cas positifs recensés sont exclusivement des croisiéristes » et il n’existe « pas d’élément en faveur d’une circulation du virus sur le territoire national », a insisté Stéphanie Rist. Les cas contacts sont isolés dans des chambres à pression négative pour limiter tout risque de contamination par voie aérienne.

Pourquoi la souche « Andes » inquiète-t-elle autant ?

Les spécialistes ont confirmé qu’il s’agit très probablement de la souche andine de l’hantavirus, l’une des plus dangereuses connues. Contrairement à la plupart des hantavirus, celle-ci peut se transmettre d’un humain à un autre. Selon l’infectiologue Xavier Lescure, cette souche est « des hantavirus qui ont la mortalité la plus élevée ». Santé publique France mentionne une létalité pouvant atteindre 50 %.

L’épidémiologiste Antoine Flahault appelle toutefois à la prudence concernant ces chiffres. Selon lui, les taux de mortalité observés dans certaines régions isolées des Andes ne sont pas nécessairement comparables à ceux des hôpitaux européens très bien équipés.

Combien de temps dure l’incubation ?

C’est une des grandes inconnues. Les experts avancent actuellement une durée médiane de deux à trois semaines, pouvant aller jusqu’à six semaines. Cependant, Antoine Flahault souligne que ces données pourraient évoluer. « On le saura peut-être avec cet épisode aujourd’hui », a-t-il déclaré, rappelant que les connaissances scientifiques sur cette maladie demeurent limitées.

Des patients asymptomatiques peuvent-ils transmettre le virus ?

Là encore, les scientifiques restent prudents. « À ce stade, on ne peut pas encore totalement exclure qu’un patient asymptomatique puisse être contagieux », a indiqué Caroline Semaille. Selon Santé publique France, une contamination pourrait survenir jusqu’à 48 heures avant l’apparition des premiers symptômes. Olivier Schwartz estime également « probable qu’il y ait des patients asymptomatiques ».

Les enfants sont-ils plus vulnérables ?

Aucune donnée solide ne permet actuellement de l’affirmer. Trois adolescents figurent parmi les cas contacts hospitalisés en France. Selon Xavier Lescure, les médecins argentins et chiliens constatent chez les enfants « la même maladie » et « malheureusement la même mortalité » que chez les adultes, bien que les cas pédiatriques restent très rares.

La France est-elle prête en cas d’aggravation ?

Le gouvernement assure avoir appris des leçons du Covid-19. Stéphanie Rist a déclaré que les stocks de masques étaient en cours de reconstitution et qu’aucune difficulté n’avait été rencontrée pour hospitaliser les cas contacts. À l’Institut Pasteur, les chercheurs annoncent aussi travailler sur la piste d’un vaccin. « Nous sommes sur le pont », a promis Olivier Schwartz, estimant qu’un développement rapide serait possible car « la structure du virus est connue ».