Des « guets-apens » de Némésis ? Plainte d’un groupuscule féministe.
Une conversation sur Telegram datant d’octobre 2025 révèle un plan organisé entre une responsable du collectif féministe identitaire Némésis et un leader du groupuscule d’ultradroite Audace Lyon pour attirer des militants de l’ultragauche dans une confrontation. Le groupe Némésis a annoncé son intention de déposer plainte contre L’Humanité pour diffamation, dénonçant une « opération d’intoxication par contrefeu » concernant des échanges privés dénaturés.
C’est une conversation sur Telegram datant d’octobre 2025 qui a déclenché une polémique. Ces échanges, révélés par L’Humanité et consultés par BFM, montrent l’existence d’un plan coordonné entre une responsable du collectif féministe identitaire Némésis et un leader du groupuscule d’extrême droite Audace Lyon, issu du groupe dissous Lyon Populaire. Leur but était d’attirer des militants de l’ultragauche, notamment La Jeune Garde, dans une confrontation.
Le collectif Némésis a dénoncé sur ses réseaux sociaux « une opération d’intoxication par contrefeu » quelques jours après la mort de Quentin Deranque, militant d’extrême droite radicale et identitaire, tué à Lyon lors d’une rixe avec des militants d’ultragauche. 20 Minutes fait le point sur cette affaire.
### Que disent les messages ?
Selon les messages cités par BFM, tout commence par l’organisation d’une action militante imaginée par le collectif Némésis. Ornella, la responsable, s’inquiète de l’arrivée possible de militants de la Jeune Garde lors de cet événement prévu le soir même sur le campus Carnot de l’université catholique de Lyon. « Vous allez à Lyon 2-Lyon 3 faire votre action nous, on monte une équipe sur place pour choper les gauches », lui propose alors Calixte Guy, membre du groupuscule Audace Lyon. Il lui confirme que des militants d’ultradroite les attendront en embuscade dans un bar à proximité.
Bien que la responsable de Némésis envisage d’abord d’annuler l’opération, elle propose une autre idée. « Mais on peut être deux ou trois filles, à tracter là où vous voulez les choper, un peu pour faire l’appât », imagine-t-elle. « Franchement, faites-le », s’enthousiasme le leader d’ultradroite. Le traquenard se solde finalement par un échec. Alors que les militantes commencent à coller des stickers, aucun militant d’ultragauche ne se présente et Calixte Guy demande aux participants de rentrer.
Contacté par 20 Minutes, le parquet de Lyon n’a pas souhaité faire de commentaires sur ces événements.
### Pourquoi le groupe Némésis porte plainte ?
Dans un communiqué publié mardi sur ses réseaux sociaux, le groupe Némésis a de son côté dénoncé une « opération d’intoxication par contrefeu » et a annoncé son intention de porter plainte contre L’Humanité pour diffamation.
« Ce journal dénature des échanges privés qui – à supposer même qu’ils soient vrais, ce qui reste à démontrer – sont en tout état de cause sortis de leur contexte pour mieux calomnier et diaboliser notre collectif et salir, par un procédé d’inversion accusatoire ignoble, la mémoire de Quentin », déclare le collectif identitaire. Il rappelle que Quentin Deranque accompagnait Némésis lors d’une action militante le jeudi 12 février lorsqu’il a été tué.
### Laurent Nunez interpellé
Mardi, le député LFI Ugo Bernalicis a interpellé le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. « Les faits sont graves. Ils décrivent des méthodes d’intimidation et de violences politiques assumées. Des fémo-nationalistes qui échangent avec des néonazis pour piéger et frapper des opposants politiques », a souligné l’élu. Il a ensuite demandé : « Allez-vous saisir la justice pour demander la dissolution judiciaire du collectif Némésis ? »
« Je suis un républicain. Il n’y a aucun groupe qui échappe au contrôle et à la vigilance des services qui sont placés sous mon autorité », a répondu le ministre, rappelant qu’une enquête était en cours sur les faits survenus à Lyon. « J’analyserai, comme je le fais pour tous les groupes d’ultradroite ou d’ultragauche, s’il rentre dans le cadre de la dissolution ou pas ».

