
Christophe Beaugrand révèle des secrets de « Secret Story » et l’IA.
La Maison des secrets rouvre ses portes ce mardi à 23h25, sur TF1, pour une nouvelle saison de « Secret Story ». Les candidats feront leur entrée mardi soir dans la Maison des secrets, qui sera à une température raisonnable, mais pas à 19 °C.

La Maison des secrets rouvre ses portes ce mardi à 23h25 sur TF1 pour une nouvelle saison de « Secret Story ». Christophe Beaugrand reprend la présentation de ce jeu de téléréalité avec « excitation ». « Il y a un côté parc d’attractions quand même, sur cette émission », déclare-t-il par téléphone. 20 Minutes l’a contacté ce mardi matin alors qu’il se rendait sur le lieu du tournage pour présenter les nouveaux décors à la presse…
Les candidats entreront mardi soir dans la Maison des secrets. Sera-t-elle climatisée ?
Oui, mais à une température raisonnable. Pas à 19 °C, car il ne faut pas qu’il y ait une trop grande différence de température avec l’extérieur pour la santé des participants. Dans le jardin, ils disposeront d’une piscine qui, je pense, sera très vite utilisée. Nous avons déjà acheté et fourni des crèmes solaires, ça fait partie des messages à passer. Ils auront également beaucoup d’eau et quasiment pas d’alcool.
C’est-à-dire ?
En général, ils ont droit à de l’alcool une ou deux fois par semaine. Lors d’une soirée, ils peuvent avoir un verre chacun. Auparavant, dans les téléréalités, à une époque où je n’étais pas encore présentateur, les candidats avaient des bouteilles. Aujourd’hui, nous faisons attention pour plusieurs raisons, notamment des histoires de malaise, car l’alcool peut provoquer des énervements et des disputes… Nous ne voulons pas basculer dans le trash ou la violence. Nous souhaitons montrer des jeunes ensemble. Ils n’ont pas besoin de bien s’entendre tout le temps, mais nous voulons une émission feel good, faire le feuilleton amusant de l’été.
Que peut-on savoir sur cette nouvelle saison ?
Nous retrouvons la diffusion estivale [lire encadré], ce qui a influencé notre manière de concevoir les décors. Nous sommes dans une ambiance de maison de vacances avec de nombreux éléments rappelant le voyage. Certaines mécaniques de jeu seront liées à cela, mais je ne peux pas en parler. Nous conservons l’ADN de « Secret Story », avec un nombre accru de pièces secrètes. Plus que jamais, il faudra se méfier des apparences. À une époque où l’on parle constamment d’intelligence artificielle, ce qui semble être la réalité ne l’est pas toujours. Il sera de plus en plus difficile de démêler le vrai du faux dans cette émission. Nous allons beaucoup jouer là-dessus. L’idée est de piéger tout le monde : les candidats, les téléspectateurs… et je ne suis pas à l’abri de me faire piéger aussi.
L’intelligence artificielle aura-t-elle un rôle particulier cette saison ?
C’est possible. Nous allons tenter, à travers les différents jeux proposés, de dénoncer l’intelligence artificielle. Ce qui est assez amusant, c’est que de nombreux jeunes sont très en colère à ce sujet. Je peux vous dire que « La Voix » voit aussi l’IA d’un mauvais œil. Habituellement, c’était elle qui trompait les gens, donc si maintenant l’intelligence artificielle peut berner tout le monde, cela va l’énerver. Cela peut vous donner des pistes sur ce qui se passera lors du lancement mardi soir.
Le retour de l’émission suscite beaucoup d’attentes sur les réseaux sociaux. Y a-t-il des rumeurs ou des fuites potentielles ?
Il y a souvent un mélange de vrai et de faux, des personnes qui exagèrent ou inventent des choses en espérant que cela leur rapportera de la notoriété. Ce qui est formidable, c’est que « Secret Story » crée toujours le buzz par essence, même sans connaître encore les candidats, leurs secrets ou la mécanique.
Redoutez-vous des controverses, comme l’an passé avec Marianne ?
Je redoute toujours les réseaux sociaux. Ils sont un excellent catalyseur pour l’émission et nous permettent d’obtenir un retour du public en temps réel. L’inconvénient, c’est la haine gratuite qui s’y déchaîne pour des raisons souvent non justifiées, et qui est en général excessive en matière d’insultes et de menaces. Je suis le premier à en souffrir régulièrement. Mais c’est encore plus difficile pour des jeunes qui n’ont pas, disons, les épaules que j’ai en tant que personnalité publique. Lorsqu’on découvre soudainement, en ligne, que l’on a été insulté ou critiqué, c’est difficile.
Des mesures sont-elles mises en place pour y remédier ?
Nous avons affiné un protocole suite à ce qui s’est passé avec « Star Academy », notamment avec Ebony, ainsi qu’avec les événements de l’année dernière dans « Secret Story ». Il y a toujours des signalements à la plateforme Pharos. Les messages allant trop loin en matière de menaces ou de haine font l’objet d’un signalement auprès du procureur de la République. Nous ne laissons rien passer. Nous avons également un partenariat avec e-Enfance, une association qui travaille pour protéger les jeunes des dérives sur les réseaux sociaux. Nous sommes très conscients de cette responsabilité. Il ne faut pas que cette émission devienne un accélérateur de harcèlement.
La jeune génération, qui constitue une grande partie du public de « Secret Story », est davantage sensibilisée aux questions de racisme, d’homophobie, de sexisme, et attend une forme d’exemplarité à l’écran…
Je suis d’accord. Mais il est crucial de rester dans l’échange et de ne pas tomber dans l’agressivité. Je suis conscient des enjeux liés à l’homophobie, par exemple. Une personne peut tenir des propos maladroits, basés sur des clichés homophobes, sans même s’en rendre compte. Dire « Ce type de réflexion là, je la ressens comme de l’homophobie et cela me blesse » permet d’ouvrir un dialogue. En revanche, dire « Espèce de sale homophobe, tu vas crever salaud ! », ce n’est pas acceptable. On ne peut pas faire à l’autre ce dont on l’accuse. Il faut être pédagogue.
En tant qu’animateur, ressentez-vous une responsabilité particulière ?
Je suis le premier à surveiller les réactions sur les réseaux sociaux pour rectifier le tir si nécessaire. Je peux faire une blague en direct, puis recevoir des messages me disant que cela n’a pas été perçu comme tel, et je réalise qu’il faut que je fasse attention, que je rattrape les choses. Le travail d’animateur est devenu plus compliqué, mais c’est très enrichissant.
