« Ça va encore augmenter » : fin de la trêve hivernale mardi après 2025, record d’expulsions
La trêve hivernale prendra fin ce mardi soir, marquant la reprise des expulsions locatives, qui atteindront 30.500 en 2025, soit le double du chiffre de 2016. Vincent Jeanbrun, ministre du Logement et de la Ville, a confié mercredi une mission sur les impayés de loyers à Hugues Périnet-Marquet, qui a décliné cette mission vendredi, expliquant que la communication du ministère n’était pas conforme au périmètre qu’il avait accepté d’étudier.
La date de la fin de la trêve hivernale est redoutée par de nombreux locataires. Ce mardi soir marquera en effet la reprise des expulsions locatives. Bernard Thoreau, de la Confédération nationale du logement, souligne que « chaque expulsion, ce sont des vies brisées, des femmes, des hommes, des enfants traumatisés. Personne ne devrait être obligé de choisir entre se loger, se nourrir ou se chauffer. »
Marie Rothhahn, responsable de la lutte contre la privation de droits sociaux à la Fondation pour le logement des défavorisés, précise que « en raison d’accidents de la vie et de la hausse du coût de la vie, de plus en plus de ménages ont du mal à payer leur loyer. » Elle évoque également une augmentation alarmante de 27 % des expulsions en un an, atteignant 30.500 expulsions en 2025, soit le double du chiffre de 2016.
Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de l’association Droit au Logement (DAL), s’exprime en ces termes : « Ça va encore augmenter, Vincent Jeanbrun, c’est le bourreau des locataires, il voudrait 50.000 expulsions par an. » Le ministre du Logement et de la Ville, Vincent Jeanbrun, a confié mercredi une mission sur les impayés de loyers à Hugues Périnet-Marquet, ancien professeur de droit et désormais actif dans l’immobilier, pour traiter les « squats et les impayés. »
Cependant, à la surprise générale, Hugues Périnet-Marquet a décliné la mission gouvernementale vendredi, affirmant auprès du journal Les Échos que la communication du ministère ne correspondait pas au périmètre qu’il avait accepté d’explorer. Pour encourager l’investissement locatif, le ministre affirme vouloir faciliter « l’entrée dans un logement, mais aussi la sortie » et restaurer la « confiance entre le propriétaire et le locataire. »
L’entourage du ministre précise qu’« aujourd’hui un locataire qui doit des milliers d’euros n’est pas considéré comme un squatteur », ce qui est « incompréhensible » et rendrait « les expulsions quasi impossibles et interminables. » Lors du Grand Rendez-Vous CNews/Europe 1/Les Echos dimanche, Vincent Jeanbrun a clairement fait une distinction entre les « familles françaises fragiles » pour lesquelles « il faut poursuivre des mesures d’accompagnement » et les « spécialistes » qui, « année après année, ne payent pas l’intégralité de leur loyer » avec « une forme de malveillance. »

