France

Budget 2026 : lassitude des députés avant les (re)débats.

Les députés se retrouvaient ce mardi à l’Assemblée nationale pour la reprise de la vie parlementaire, après les vacances de Noël. La fin des débats sur le PLF est théoriquement prévue le 23 janvier.

À l’Assemblée nationale,

La reprise parlementaire a eu des airs de journée sans fin. Après les vacances de Noël, les députés se sont réunis ce mardi à l’Assemblée nationale pour reprendre leurs activités. Bien que nous entamions une nouvelle année politique, l’ordre du jour reste inchangé. Le projet de loi de finances (PLF) 2026, dont l’examen au Parlement n’a pas pu être finalisé avant le 31 décembre, est à nouveau prévu en commission des Finances ce jeudi, avant de revenir dans l’hémicycle la semaine prochaine.

Comme lors des débats budgétaires précédents en octobre, les parlementaires devraient à nouveau débattre autour de la taxation des plus riches et de la réduction des déficits. Un cycle sans fin qui agace une partie significative de la population et laisse les députés avec un sentiment de déjà-vu.

« Tout ça pour ça »

« Dire qu’on trouve cela exceptionnel et épanouissant d’être député serait un mensonge, sourit Benjamin Lucas, député des Yvelines et porte-parole du groupe Écologiste et Social. Le problème, c’est que le parcours pour faire adopter un budget semble quasiment impossible. Mais heureusement, nous sommes résilients chez les écologistes ! Et comme nous revenons de vacances, nous allons trouver l’énergie pour défendre nos convictions », ajoute-t-il.

« Il y a ce sentiment de  »tout ça pour ça », une certaine amertume face à la question  »pourquoi en sommes-nous encore là ? ». Nous payons simplement les erreurs de notre République et d’un gouvernement minoritaire incapable de gouverner », continue Eric Coquerel, député insoumis de Seine-Saint-Denis. Avec une pile de journaux sous le bras, le président de la Commission des Finances conclut, un peu abattu : « C’est plutôt un sentiment d’inefficacité, car les débats ont été intéressants, et nous voyons maintenant le gouvernement essayer de contourner la démocratie parlementaire… »

Bercy a convoqué les représentants des groupes parlementaires de l’Assemblée, à l’exception de LFI et RN, pour une réunion de travail visant à lever les « points de blocage » budgétaires. Est-ce un signe de la lassitude qui touche également l’exécutif ? « Il est normal de ressentir que le débat s’enlise et d’avoir envie de passer à autre chose. Mais ces réunions montrent que l’on progresse et qu’un chemin peut être trouvé », espère Constance de Pelichy, députée Liot du Loiret. Néanmoins, la rencontre à Bercy a été finalement boycottée par les écologistes et les communistes.

« Un Jour sans fin »

Les membres du Parti socialiste ont répondu présents à l’invitation. Toutefois, le sentiment de tourner en rond est également tangible. « Oui, il y a une forme de lassitude, car nous aurions tous souhaité finaliser le budget avant la fin de l’année, surtout que nous n’étions pas loin. Mais la position des LR est incompréhensible, ils semblent se croire seuls au monde », déclare le député socialiste Romain Eskenazi. La commission mixte paritaire (CMP) réunissant députés et sénateurs a finalement échoué à trouver un compromis le 19 décembre. « Nous aurions aimé examiner d’autres textes, maintenant nous allons devoir revivre des séances budgétaires de 9 heures à minuit alors que nous étions proches d’un accord. Donc oui, c’est frustrant, mais nous restons déterminés », ajoute l’élu PS du Val-d’Oise.

« Nous avons mis la poussière sous le tapis, mais la réalité est que nous sommes dans la même situation qu’en décembre et qu’à nouveau, nous allons débattre pour quoi ? Pour rien, puisque, au final, il ne sera pas voté et qu’il faudra en passer par le 49.3 ou des ordonnances », commente Anne Genetet, députée Ensemble des Français de l’étranger. « Cela donne une mauvaise image de la politique. Lors d’une réunion municipale, on m’a demandé :  »Quand ce budget va-t-il enfin sortir ? Nous aimerions bien passer à autre chose. » Quand on me dit  »vous, les politiques, vous ne servez à rien », il m’est difficile de contredire… », ajoute l’ancienne ministre de l’Éducation nationale, qui est également conseillère municipale dans un village du Lot.

La clôture des débats sur le PLF est théoriquement programmée pour le 23 janvier. Avec le risque de devoir revivre le même jour indéfiniment, à l’instar de Bill Murray dans le film culte. « C’est un peu Un Jour sans fin. Il y a ce sentiment de perte de temps », soupire David Taupiac, élu Liot du Gers. « Il faudrait voir comment se termine le film, cela pourrait peut-être nous donner des pistes… »