Affaire Adèle Haenel : Cinq ans de prison pour Christophe Ruggia, incarcération évitée
La cour d’appel de Paris a condamné le cinéaste Christophe Ruggia à cinq ans de prison, dont deux ferme, pour les agressions sexuelles sur Adèle Haenel. Les agressions sexuelles subies par l’actrice, alors mineure, ont été révélées en 2019 par Mediapart.
La cour d’appel a renforcé la peine. Condamné à quatre ans de prison en première instance en février 2025 pour les agressions sexuelles sur la comédienne Adèle Haenel, le cinéaste Christophe Ruggia a vu sa peine augmentée ce vendredi. La cour d’appel de Paris l’a condamné à cinq ans de prison, dont deux ferme. Le cinéaste évite l’incarcération. Sa peine pourra être purgée sous bracelet électronique. Trois ans de prison avaient été requis à son encontre.
Révélées en 2019 par Mediapart, les agressions sexuelles prétendument subies par l’actrice Adèle Haenel, alors mineure, sont niées par le cinéaste. Christophe Ruggia est accusé de faits qui se seraient déroulés entre 2001 et 2004, lors de rendez-vous réguliers à son domicile, après le tournage du film Les Diables, dans lequel il avait attribué à l’adolescente son premier rôle. Elle avait alors entre 12 et 14 ans. Aujourd’hui âgé de 61 ans, le cinéaste est vingt-quatre ans plus vieux que la victime.
Il continue de nier les faits. Pendant son procès en janvier, le cinéaste avait réfuté les accusations, affirmant depuis le début qu’il n’était « ni un agresseur sexuel, ni un violeur, ni un pédophile ou quoi que ce soit de ce genre ». « Si j’avais fait ce qu’elle m’accuse d’avoir fait, avoir mis la main dans son pantalon ne serait-ce qu’une fois, je n’aurais jamais pu me regarder dans la glace et j’aurais cessé immédiatement de la voir. Ça n’est jamais arrivé ».
L’actrice a toujours maintenu ses accusations depuis la révélation des faits en 2019. Selon elle, Christophe Ruggia lui demandait de s’asseoir sur le canapé, lui caressait les cuisses, la poitrine, le ventre, lui touchait l’entrejambe. « Christophe me disait qu’il était amoureux de moi, que la différence d’âge était une malédiction pour lui et que malheureusement, j’étais une adulte dans un corps d’enfant ». Aujourd’hui, la comédienne vit toujours très mal ces attouchements. « Ça me fout la honte, en fait. Ça me fout la honte d’être marquée à ce point. J’aimerais que ça n’ait pas eu lieu, j’aimerais juste pouvoir dire que ça n’existe pas », avait-elle déclaré au procès.
En 2004, elle avait pris conscience de la gravité des faits et expliqué au réalisateur que « ce n’est pas bien » et qu’elle ne souhaitait plus se rendre chez lui. En février 2005, elle lui avait écrit une lettre exprimant son souhait de ne plus le voir. Elle a claqué la porte du cinéma en 2020.

