France

«Â On ne connaît pas très bien l’espèce : filmez le requin géant et appelez les scientifiques »

Le requin-pèlerin, classé comme espèce en danger, mesure entre 12 et 13 m de long et est inoffensif pour l’homme. L’Apecs, basée à Brest, appelle les plaisanciers à signaler toute observation de ce poisson géant au 06 77 59 69 83.


C’est un géant des mers. Le requin-pèlerin, qui est le deuxième plus grand poisson du monde après le requin-baleine, atteint une taille impressionnante de 12 à 13 mètres de long. Bien que sa silhouette puisse sembler effrayante, cet animal est totalement inoffensif pour l’homme. Grand voyageur, le requin-pèlerin s’aventure généralement au large des côtes françaises au printemps, offrant ainsi une belle opportunité aux plaisanciers et aux randonneurs qui ont la chance de l’apercevoir.

Cette espèce est classée comme étant en danger, ayant été massivement chassée par les baleiniers pour sa chair et son huile. Le requin-pèlerin reste un animal peu connu, même des scientifiques. Ainsi, si vous en voyez un au large de la Bretagne, pensez à prévenir rapidement les spécialistes qui suivent cette espèce.

À l’approche du week-end de Pâques, l’association pour l’étude et la conservation des sélaciens (Apecs) demande aux plaisanciers de signaler toute observation de ce poisson géant en contactant son astreinte au 06 77 59 69 83. « On connaît très mal l’espèce. On ne sait pas grand-chose sur sa reproduction, sur son mode de vie, sur ses déplacements. Si on arrive à mieux la connaître, on arrivera sans doute à mieux la protéger », précise Alexandra Rohr, chargée de mission à l’Apecs.

Elle suit cette espèce discrète et inoffensive depuis plusieurs années. Chaque printemps, elle sort en mer au large des côtes du Finistère pour tenter d’installer des balises sur les requins signalés. Cependant, cette année, elle n’a encore rien observé. « Cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas là. C’est peut-être simplement qu’on a moins de gens en mer pour les voir. Les conditions de mer n’ont pas été très bonnes ces dernières semaines. » Même les pêcheurs, confrontés aux prix élevés du carburant, sortent moins souvent.

Les quelques balises posées par l’association ces dernières années ont néanmoins été très utiles pour suivre les incroyables déplacements des spécimens marqués. En 2017, l’Apecs avait ainsi suivi une femelle nommée Anna qui avait été enregistrée en surface au nord de l’Écosse avant de disparaître pendant plusieurs mois. Lorsque la balise a de nouveau transmis une position, Anna se trouvait au large du Cap-Vert, marquant un voyage de 5 000 km ! « Les requins-pèlerins se nourrissent de petites crevettes qui se cachent dans le plancton. Mais ce sont des poissons, donc ils n’ont pas besoin de remonter à la surface », ajoute Alexandra Rohr.

Depuis quelques années, les observations de requins-pèlerins ont lieu de plus en plus tôt dans l’année, sans que l’on comprenne véritablement pourquoi. À l’ouverture de la période d’observation, l’Apecs espère en profiter pour poser quelques balises sur le dos de ces animaux.