Viktor Orban sous pression en Hongrie avant les législatives du 12 avril.
Le parti Tisza, dirigé par Peter Magyar, a réussi à établir un mouvement d’opposition face à la coalition Fidesz-KDNP de Viktor Orban, considérée par les institutions pro-gouvernementales comme gagnante. La campagne électorale a été marquée par des accusations mutuelles et des allégations d’ingérence russe ainsi que d’achat massif de voix par le Fidesz.
Le parti Tisza, dirigé par le conservateur pro-européen Peter Magyar, a réussi à établir un mouvement d’opposition capable de défier l’hégémonie d’un leader lié aux présidents Donald Trump et Vladimir Poutine, qui a transformé son pays en un exemple de démocratie illibérale. Les institutions pro-gouvernementales annoncent, quant à elles, la coalition Fidesz-KDNP de Viktor Orban, 62 ans, comme gagnante.
Alors que les analystes prévoient une participation record, estimée entre 75 et 80 %, la dernière phase de la campagne électorale a été marquée par un déferlement d’accusations mutuelles.
Les services de renseignement intérieur sont soupçonnés d’avoir tenté de discréditer Tisza, des conversations téléphoniques ayant fuité révèlent des liens étroits entre le ministre des Affaires étrangères et Moscou, tandis que Viktor Orban a affirmé que Peter Magyar entraînerait la Hongrie dans la guerre en Ukraine. Des allégations d’ingérence russe et d’achat massif de voix par le Fidesz ont également été rapportées.
Les élections hongroises suscitent une attention particulière, car Viktor Orban a acquis une « importance démesurée » sur la scène mondiale et européenne, souligne Jacques Rupnik, spécialiste de l’Europe centrale et orientale à Sciences Po Paris.
Considéré comme un modèle par de nombreux mouvements d’extrême droite à travers le monde, il a également suscité la colère de l’Union européenne, qu’il a souvent paralisée dans sa politique étrangère.
Durant cette campagne, il se présente comme le « choix sûr » dans un monde troublé. Cependant, face à la stagnation de l’économie hongroise et à une corruption devenue trop évidente, cette argumentation ne semble pas avoir convaincu, constatent les analystes.

