Un jour, une carte : que faire des réserves d’or de l’État belge à l’étranger ?
La réserve d’or de l’État belge, qui s’élève à près de 230 tonnes, fluctue autour de 36 milliards d’euros. Avant la Seconde Guerre mondiale, la Belgique possédait plus du double de cette réserve, soit 600 tonnes d’or.
C’est une interrogation fréquente en temps de crise et face à un important déficit public : peut-on utiliser l’or de la Banque nationale pour équilibrer le budget durant ces périodes de disette budgétaire ? La réponse est à la fois oui et non. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas une solution.
Actuellement, la réserve d’environ 230 tonnes d’or de l’État belge est évaluée à environ 36 milliards d’euros. Cela peut être impressionnant au premier abord, mais comparé à la dette belge de 553 milliards d’euros en décembre dernier, même avec le prix de l’or élevé, cela ne représente qu’environ 6,5 % de cette dette.
En effet, cela allègerait temporairement la dette, mais l’année suivante, l’or serait épuisé et le processus de réduction de la dette devrait reprendre à peu près au même niveau, que ce soit par des économies ou par de nouvelles recettes.
Tous les banquiers centraux affirmeraient que sans cette réserve d’or, l’État belge perdrait en crédibilité, ce qui pourrait entraîner une hausse des coûts de ses emprunts. De plus, selon des sources à la Banque nationale, l’idée n’est pas à l’ordre du jour. Le gouvernement de De Wever n’en fait pas la demande et la banque, qui opère indépendamment, ne donnerait sans doute pas son accord.
Il est à noter que cette réserve a déjà été mobilisée par le passé, il y a plus de trente ans, lorsque la Belgique a dû vendre près de 1000 tonnes d’or pour réduire son déficit et rejoindre l’euro, malgré un contexte financier difficile à l’époque.
Cependant, ceux qui se rappellent de cette période savent que cette mesure n’a pas été la seule parmi d’autres politiques d’austérité.
Le stock de la Banque nationale peut donc effectivement être utilisé. Avant la Seconde Guerre mondiale, la Belgique possédait même plus du double de sa réserve actuelle : 600 tonnes d’or.
En 1939, bien que la Belgique soit neutre, elle perçoit les menaces allemandes : une première partie de ses réserves d’or est expédiée vers la Grande-Bretagne et les États-Unis. Juste avant l’invasion de mai 1940, un autre bateau quitte Ostende avec 5000 caisses d’or, à destination de l’Afrique française, avec l’accord du gouvernement de Paris garantissant leur retour. Malheureusement, l’Allemagne occupe la France, et Vichy collabore avec partie de ses colonies africaines, comme le Soudan français, où l’or belge est saisi et conduit à Berlin. Après la guerre, la France, une fois libérée, honore son engagement et rembourse la Belgique.
Depuis, une grande partie de notre or national est stockée à Londres, dans des conditions de température et d’humidité idéalement contrôlées. Une autre partie se trouve au Canada, tandis que quelques centaines de kilos demeurent en Belgique pour d’éventuels fondements, comme cela a été fait dans le passé, pour émettre quelques pièces d’or. Il s’agit là d’une spéculation, peut-être en vue d’honorer le bicentenaire de la Belgique en 2030 ?
Cependant, certains doutent, car cette pratique ancestrale semble avoir perdu de son attrait.

