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Un jour, une carte : l’Iran, un État qui n’a jamais été islamiste

Le 16 juin 2025, cet article a été remis en avant suite aux frappes conjointes d’Israël et des États-Unis contre l’Iran. Actuellement, l’Iran compte près de 90 millions d’habitants, alors qu’il y a une cinquantaine d’années, on dénombrait moins de 30 millions d’Iraniens.


Cet article a été initialement publié le 16 juin 2025. Il vient d’être remis en avant suite aux frappes conjointes d’Israël et des États-Unis contre l’Iran.

L’Iran, ciblé par Israël qui souhaite démanteler son potentiel nucléaire, riposte par des tirs de missiles. Ce pays, à la riche histoire et grande civilisation, n’a pas toujours été associé à un État islamiste promouvant le terrorisme. Ce n’est pas non plus un pays féminicide qui élimine des femmes pour avoir retiré leur voile.

L’Iran compte actuellement presque 90 millions d’habitants, une augmentation démographique impressionnante, car il y a cinquante ans, la population était de moins de 30 millions.

Les tremblements de terre sont fréquents et particulièrement meurtriers. Le pays connaît également des températures élevées, notamment dans sa partie sud, qui atteint le Tropique du Cancer. L’Iran est riche, non seulement grâce à ses abondantes ressources en gaz et en pétrole, mais également en raison de la profondeur de sa culture perse, plus ancienne que la culture chrétienne.

Les Iraniens se sont installés dans cette région il y a environ 4000 ans. « Iran » signifie en ancien perse « le pays des Aryens », des peuples nomades venus du nord. Leur première croyance reposait sur le zoroastrisme, religion prônant la liberté individuelle pour favoriser le bien et lutter contre le mal. Au fil des siècles, l’influence des Grecs, des chrétiens et des Arabes s’est faite sentir.

Aujourd’hui, les Iraniens sont musulmans, mais ils conservent leur territoire et leur culture. Il est important de ne pas les confondre avec des Arabes. Ils se sont convertis principalement à l’islam chiite, surtout après 1979, lorsque l’ayatollah Khomeini, de retour de son exil en France, a pris le pouvoir à Téhéran en chassant le roi d’Iran. Le Shah était perçu comme l’homme des États-Unis et l’agent de l’Occident dans la région.

L’Iran a connu de nombreuses convoitises au XXe siècle. Les Soviétiques en ont profité pendant la Seconde Guerre mondiale pour envahir le nord du pays et ses champs pétroliers, gardant une influence durable après guerre. Le pétrole, très convoité par les puissances occidentales, a provoqué de nombreux bouleversements, avec des prises de pouvoir, des révolutions au sein des palais et dans la rue, entraînant des changements de régime.

En 1979, l’ayatollah Khomeini introduit un régime autoritaire théocratique, par lequel la loi islamique est appliquée de manière rigoureuse. Les peines de mort, les châtiments corporels et les arrestations se multiplient, tandis que les révoltes des jeunes en quête de liberté sont réprimées. Malgré quelques espoirs fugaces, les gardiens de la révolution, sous la direction de Khamenei, maintiennent le contrôle.

L’Iran dispose d’une armée considérable, dont les effectifs dépasseraient 700 000 soldats, répartis entre l’armée régulière et les gardiens de la révolution, chargés de contrôler la population. Cependant, l’économie du pays ne lui permet pas de rivaliser avec Israël, technologiquement avancé.

La question du nucléaire est centrale. Certains ont soutenu que l’Iran envisageait l’énergie nucléaire civile pour réduire sa dépendance au pétrole et au gaz, considérés comme des énergies fossiles nuisibles au climat. Cependant, la volonté de disposer d’une capacité nucléaire militaire demeure forte au sein du régime, afin d’asseoir son influence régionale, qu’il a perdue actuellement. Sa confiance envers ses alliés russes et chinois est incertaine pour le moment.