Trump attaque, Léon XIV résiste : enjeux d’une confrontation historique.
Le cardinal Robert Francis Prévost avait critiqué JD Vance, le vice-président des Etats-Unis, avant de devenir pape, déclarant qu’il avait faux sur toute la ligne. En janvier dernier, le pape a affirmé que « la faiblesse du multilatéralisme est une grande source d’inquiétude aujourd’hui », dénonçant ainsi une diplomatie de la force.
La relation souvent tendue entre le pape Léon XIV et l’administration américaine n’est pas nouvelle. Avant de devenir pontife, le cardinal Robert Francis Prévost avait déjà critiqué certaines positions de JD Vance, le vice-président des États-Unis, qui, en tant que fervent catholique, invoquait saint Augustin et notamment « l’Ordo Amoris » pour justifier les politiques anti-migrants de l’administration Trump. Le cardinal Prévost avait alors affirmé que JD Vance se trompait complètement.
Après son élection, Léon XIV a cherché à éviter les confrontations frontales avec Trump, préférant laisser les évêques américains, dont certains avaient été nommés par lui, protester contre la politique intérieure américaine. Cependant, en octobre dernier, le pape a émis des critiques qui n’ont pas plu à Trump. Il a ainsi déclaré : « Le choix de vocabulaire, de changer le nom du ministère de la Défense en ministère de la Guerre, est terrible. Espérons que cela reste seulement une manière de parler. Mais clairement, ce gouvernement américain utilise la force pour impressionner. » Il a également dénoncé l’administration Trump comme inhumaine envers les migrants. En janvier dernier, devant les corps diplomatiques à Rome, il a exprimé son inquiétude concernant la faiblesse du multilatéralisme, affirmant que la diplomatie d’un dialogue et d’un consensus était supplantée par une diplomatie de la force.
Ces tensions ont franchi un nouveau cap le 7 avril, lorsque Trump a évoqué la possibilité de l’anéantissement de l’Iran en une nuit. En réponse, le pape a dénoncé cette menace, affirmant : « Cette menace est vraiment inacceptable. Ici, il s’agit de questions de droit international, mais encore plus d’une question morale pour la vie d’un peuple entier. Il faut prier, mais pas seulement. Il faut communiquer avec les élus du Congrès américain, les autorités, pour leur dire que nous ne voulons pas la guerre. Nous voulons la paix et nous sommes un peuple qui aime la paix. »
Ces mois de tensions ont conduit aux remarques incendiaires de Trump qui ont été suivies par la réponse du pape, qui tente de ne pas céder à l’intimidation.
Cette situation a également suscité des réactions à l’intérieur du camp Trump, où le nonce apostolique, Mgr Pierre, a été convoqué. Le secrétaire d’État à la Défense a fait comprendre que le pape devrait adopter un ton plus conciliant et soutenir les États-Unis, une menace voilée. Le pape continue de dénoncer l’utilisation abusive de la prière par l’administration Trump pour justifier la guerre et insiste sur le fait que les dirigeants politiques qui prennent des décisions de guerre devront rendre des comptes à Dieu. Le Vatican refuse de participer au Conseil de la paix voulu par Trump.
Cette tension est alimentée par les critiques des évêques américains à l’encontre de la politique migratoire du gouvernement, une situation qui aurait dû faire comprendre à Trump qu’attaquer le pape n’était pas une bonne stratégie, surtout que les sondages montrent que Léon XIV est plus populaire aux États-Unis que Trump. Le vice-président Jerry Vance, un catholique engagé, a également ajouté que le Vatican ferrait mieux de se concentrer sur les questions morales et de laisser le président gérer la politique intérieure américaine.
En Italie, cette situation a provoqué des réactions vives, notamment de Giorgia Meloni, présidente du Conseil, qui a dénoncé les attaques de Trump envers le pape. Meloni a affirmé que de telles attaques étaient inacceptables, en soulignant le rôle du pape dans la promotion de la paix. De son côté, Trump a exprimé sa déception à l’égard de Meloni, déclarant qu’elle n’avait pas été là pour le soutenir dans ses projets.
Par ailleurs, Léon XIV poursuit son voyage en Afrique, où il met en avant des thématiques cruciales telles que la paix, la migration et le dialogue religieux. Ce périple, souhaité par le pape, est l’occasion pour lui de se présenter sous un jour nouveau, face à l’intimidation. Il a également refusé l’invitation de la Maison-Blanche à se rendre aux célébrations du 250e anniversaire des États-Unis, préférant se rendre à Lampedusa, symbole de la crise migratoire.

