Belgique

Simon Gronowski, rescapé de la Shoah, s’adresse à des élèves à Bastogne.

Simon Gronowski a échappé à la mort en sautant du convoi n°20, qui l’emmenait à Auschwitz, mais il a perdu sa mère et sa sœur, exécutées par les nazis. À 94 ans, il délivre un message d’espoir pour la paix sans hiérarchiser les souffrances, en citant les génocides arménien, rwandais et en se déclarant neutre dans le conflit israélo-palestinien.


Durant la Seconde Guerre mondiale, Simon Gronowski a échappé à la mort en sautant du convoi n°20 qui l’emmenait à Auschwitz. Il perdra néanmoins sa mère et sa sœur, exécutées par les nazis. Son père mourra peu après de maladie et de désespoir. Une enfance tragique qu’il partage avec 500 élèves, captivés par son récit.

« D’avoir le courage de sauter tout en sachant qu’il y a des Allemands à ses trousses, de courir et de se débrouiller dans la nature, c’est vraiment incroyable », confie un élève. « Il ne faut pas être naïf, il faut toujours être conscient et prendre les bonnes décisions », ajoute une autre.

**Un autre génocide en cours ?**

Simon Gronowski, âgé de 94 ans, n’est pas là pour pleurer son chagrin, mais pour délivrer un message d’espoir pour la paix, sans hiérarchiser les souffrances : une victime étant, selon lui, équivalente à une autre. Il mentionne les génocides arménien et rwandais, et s’attend à une question sur le conflit israélo-palestinien. Cette question ne vient pas, le public étant un peu trop jeune.

« La question du Moyen-Orient, j’aurais aimé qu’on me la pose », explique-t-il. « Étant athée, je me suis éloigné du judaïsme, et dans ce conflit, je suis neutre et je voudrais un cessez-le-feu immédiat. Je ne suis pas d’accord avec les bombardements israéliens sur Gaza ! Je ne dis pas que c’est un génocide parce que c’est une question juridique et que je ne suis pas qualifié, mais je dis que c’est un massacre quand même. »

Néanmoins, l’objectif était de montrer aux élèves qu’une vie peut basculer rapidement à cause de la guerre. « J’ai été étonnée à la fin de la rencontre, » se félicite Floriane Thomas, professeure de français à l’Indsé Collège. « Il y a beaucoup de jeunes qui étaient jaloux de ne pas avoir pu serrer la main de M. Gronowski, certains sont revenus poser des questions et je pense qu’on a fait un bon travail. Cela a marqué, et c’était le but ! »