Belgique

QR : Les véhicules polluants continuent-ils de circuler en Wallonie ?

La pollution de l’air en Wallonie n’est pas homogène et est principalement concentrée dans certaines zones urbaines et industrielles, notamment autour de Liège et Charleroi. Entre 2015 et 2018, environ 14 millions de véhicules d’occasion provenant de pays riches ont été exportés dans le monde, dont environ 40% vers des pays africains.


Ludivine de Bruxelles a posé la question suivante : « Y a-t-il des véhicules trop polluants en Wallonie ? Si oui, que deviennent ces véhicules ? Est-ce qu’ils sont envoyés ailleurs ? »

Pourquoi aucune interdiction globale ?

D’après certaines études, la pollution de l’air en Wallonie n’est pas homogène. Elle est principalement concentrée dans des zones urbaines et industrielles, notamment autour de Liège et Charleroi.

Dans ce contexte, une interdiction appliquée à l’ensemble du territoire a été jugée disproportionnée. Les politiques environnementales sont donc davantage ciblées que généralisées.

Quelles mesures existent malgré tout ?

Bien qu’il n’y ait pas d’interdiction globale, plusieurs mécanismes contribuent progressivement à retirer les véhicules les plus polluants du parc automobile en Wallonie :

– Le contrôle technique, qui peut imposer des réparations ou interdire la circulation de véhicules trop défectueux ;
– Les bonus à la casse, qui encouragent le remplacement d’anciens véhicules ;
– Les normes européennes, de plus en plus strictes sur les émissions des véhicules neufs.

Ces dispositifs participent à un renouvellement progressif du parc automobile.

Que deviennent les véhicules les plus anciens ?

Lorsque ces véhicules quittent la circulation, ils suivent généralement trois trajectoires.

Une partie est envoyée à la casse, où elle est détruite et recyclée en pièces détachées ou en matériaux.

Une autre partie est revendue sur le marché de l’occasion et continue à circuler, souvent dans des pays où les normes environnementales sont moins strictes.

Enfin, une part importante est exportée vers l’étranger, notamment vers l’Europe de l’Est et certains pays d’Afrique.

Déplace-t-on simplement la pollution ?

Ce phénomène fait l’objet de critiques, car il ne fait pas disparaître totalement les émissions de polluants, mais les déplace géographiquement.

Ces véhicules restent utilisables dans des contextes réglementaires différents, où les exigences en matière d’émissions sont moins élevées.

Selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, entre 2015 et 2018, environ 14 millions de véhicules d’occasion provenant de pays riches ont été exportés dans le monde. Parmi eux, environ 40 % ont été envoyés vers des pays africains.

Il n’existe donc pas d’interdiction générale des véhicules polluants en Wallonie, mais ces véhicules disparaissent progressivement du territoire via le recyclage, la revente ou l’exportation à l’étranger.

Cet article a été rédigé en réponse à une question posée directement à la rédaction de la RTBF. Vous aussi, faites entendre votre curiosité et posez-nous vos questions via le formulaire ci-dessous. Votre sujet pourrait inspirer notre prochain article « Questions-Réponses ».