Belgique

Procès Falzone : deux femmes évoquent les réactions des accusés après le drame.

La passagère d’une voiture a décrit un véhicule « cabossé » avec un pare-brise « brisé » et a affirmé avoir vu « un trou » et des morceaux de verre. Selon elle, les deux hommes « ne pensaient qu’à eux » et n’ont manifesté aucun geste envers les victimes.


La passagère d’une voiture circulant rue de Nivelles a indiqué avoir aperçu deux hommes près de la BMW accidentée. Elle a décrit un véhicule « cabossé » avec un pare-brise « brisé », précisant avoir vu « un trou » et des morceaux de verre. Son témoignage a principalement porté sur l’attitude du conducteur présumé. « Je suis sûre que le conducteur riait, comme s’il l’avait fait exprès. Sa réaction laissait présager quelque chose de volontaire. Il m’a glacé le sang », a-t-elle déclaré. Elle a ensuite nuancé en disant n’avoir vu « qu’un sourire », tout en identifiant Paolo Falzone sur des photographies publiées dans la presse.

La défense d’Antonino Falzone, représentée par Me Fabrice Guttadauria, a demandé la diffusion de la vidéo de surveillance montrant la scène. Cependant, les accusés ne sont pas filmés de face. Malgré les images, Margaux est restée ferme sur le sourire qu’elle a observé. La conductrice de la voiture, dont le mari participait au cortège carnavalesque, a aussi témoigné. Elle a raconté avoir appris la nouvelle de l’accident par téléphone avant de découvrir la BMW immobilisée rue Aubry. « Ma nièce m’a dit : ‘En plus, ils se marrent' », a-t-elle rapporté.

Selon elle, les deux hommes « ne pensaient qu’à eux » et n’ont montré aucun geste envers les victimes. Le témoin a ensuite évoqué son arrivée rue des Canadiens, décrivant « une scène de guerre ». En larmes durant l’audience, elle a expliqué avoir vu un gille étendu au sol. « Plus on avançait, plus on voyait l’horreur », a-t-elle confié. Un homme qui circulait avec sa petite-fille de cinq ans dans une autre voiture a indiqué avoir vu Antonino Falzone du côté passager de la BMW et aperçu un corps sur le capot du véhicule, la tête tournée vers le pare-brise « quasiment explosé ».

Un jeune homme a déclaré ce jeudi matin que le jour de l’accident, son père lui avait fait la surprise de participer au carnaval de Strépy, alors qu’il avait l’habitude de se rendre à celui de La Hestre. Alerté par des informations concernant un accident, il a immédiatement cherché à joindre sa famille avant de se rendre sur les lieux du drame. À son arrivée, il a découvert une scène qu’il a décrite comme un champ de guerre. « Des gens allongés partout, des cris, des pleurs, du sang », raconte-t-il à la barre. Guidé par un gille, il a finalement retrouvé son père, conscient mais incapable de bouger. « En traversant la rue, je me disais que je n’avais plus de papa », confie-t-il.

Père et fils se sont ensuite mis à la recherche de « Fifa », une proche disparue dans le chaos. Ils apprendront plus tard qu’elle était coincée dans un véhicule stationné à proximité. À quelques mètres d’eux se trouvait également Michelina, gravement blessée. Le témoin a aussi évoqué les séquelles laissées sur son père, ancien directeur de chantier. « Aujourd’hui, il oublie, il a du mal à se concentrer. Il n’est plus le même », a-t-il expliqué, dénonçant aussi les difficultés financières rencontrées depuis les faits. « On était à Strépy, dans un village où on se sentait en sécurité », a encore déclaré une victime. « Ce n’est pas un accident. C’est une horreur », a-t-elle conclu.