Prix alimentaires : hausse imminente de votre ticket de caisse expliquée
Plus de neuf entreprises alimentaires sur dix ont constaté une augmentation de leurs coûts depuis début mars, mais près de 70% d’entre elles n’ont pas encore répercuté cette hausse sur leurs prix de vente. L’industrie alimentaire, avec plus de 750 entreprises et près de 103.000 emplois, est le premier secteur industriel en Belgique, son chiffre d’affaires ayant dépassé les 85 milliards d’euros l’an dernier.
Après plusieurs semaines de tensions au Moyen-Orient, les effets économiques commencent à se faire sentir dans les supermarchés belges. Cela est principalement dû à la hausse des prix de l’énergie et des carburants, qui alourdit considérablement les coûts de production dans l’industrie alimentaire.
D’après les données fournies par la fédération du secteur, plus de neuf entreprises alimentaires sur dix ont observé une augmentation de leurs coûts depuis début mars. Cependant, près de 70% d’entre elles n’ont pas encore passé cette hausse sur leurs prix de vente.
Cette situation risque de ne pas perdurer. En raison des coûts de transport, des emballages plus chers et de la hausse des prix du gaz, la rentabilité des entreprises est fortement compromise. Pour de nombreux acteurs du secteur, une augmentation des prix semble désormais inévitable.
Tous les produits ne seront pas affectés de la même manière. L’ampleur des hausses dépendra notamment des processus de fabrication et de la dépendance aux matières premières comme le plastique, qui est directement lié au pétrole.
Les augmentations de prix devraient s’opérer progressivement, au fur et à mesure des renégociations de contrats entre les producteurs et la grande distribution. Les entreprises cherchent à préserver leurs marges dans un contexte de plus en plus difficile.
Un autre facteur à surveiller est l’évolution des prix des matières premières agricoles, en particulier des engrais, dont la production dépend fortement du gaz. Par ailleurs, une échéance importante pour le secteur est l’indexation automatique des salaires prévue pour le 1er janvier 2027, qui alourdira davantage les charges.
Avec plus de 750 entreprises et près de 103 000 emplois, l’industrie alimentaire est le premier secteur industriel en Belgique. Son chiffre d’affaires a dépassé les 85 milliards d’euros l’an dernier, avec des exportations atteignant plus de 42 milliards.
Bien que certains segments comme le chocolat ou les produits laitiers restent dynamiques à l’exportation, d’autres, comme les légumes transformés, ralentissent. Le marché européen demeure le principal partenaire commercial, tandis que les États-Unis représentent une destination importante en dehors de l’Europe.
Cependant, derrière ces résultats globalement positifs, des préoccupations émergent. La demande intérieure est en baisse et la concurrence étrangère se renforce sur le marché belge. Dans ce contexte, les professionnels du secteur craignent une perte de compétitivité.
Face à ces défis, la fédération de l’industrie alimentaire met en garde contre les conséquences potentielles de la crise actuelle. Des restructurations, voire des délocalisations, ne sont pas à exclure si la pression sur les coûts se poursuit.
Le secteur appelle par conséquent les autorités à agir, notamment en évitant toute hausse de TVA sur les produits alimentaires et en réduisant certaines taxes, telles que celles sur les emballages.
Pour l’instant, une certitude demeure : même si les augmentations ne seront pas aussi brutales qu’en 2022, les consommateurs belges devraient progressivement constater une hausse des prix dans leurs achats. Reste à déterminer dans quelle mesure l’évolution du contexte international viendra accentuer ou atténuer cette tendance.
Statbel, de son côté, ne publiera pas, pour le moment, le taux d’inflation pour le mois d’avril, en raison d’un manque de consensus au sein de la commission chargée de l’indice.

