Piscines à Charleroi : polémique autour des 555 euros par an
La Ville de Charleroi a instauré une taxe annuelle de 555,44 euros sur les piscines privées permanentes de plus de 10 m². À ce stade, une centaine de foyers seraient concernés par cette nouvelle taxe à Charleroi.
Profiter de sa piscine pendant les beaux jours pourrait coûter significativement plus cher aux résidents de Charleroi cette année. La Ville a décidé d’instaurer une taxe annuelle de 555,44 euros sur les piscines privées permanentes de plus de 10 m².
Cette mesure suscite des réactions négatives parmi certains propriétaires. « Je suis très fâchée. Je me suis dit : ‘Merde, je ne vais pas pouvoir la retirer’. Je suis toute seule et assumer une charge de 555 euros par an, ça va être loin d’être évident », déplore Françoise, une propriétaire.
D’autres habitants s’inquiètent également de cette nouvelle taxation. « On travaille tous les deux, mais cela fait réfléchir. Entre les travaux, l’investissement de départ et l’entretien, cela commence à représenter un budget important », confie un couple carolo.
Les professionnels du secteur redoutent eux aussi les conséquences de cette décision. Certains craignent que les acheteurs se tournent vers des modèles plus petits ou facilement démontables pour échapper à la taxe. « On vend des piscines qui peuvent aller jusqu’à 50 m² pour environ 1.200 euros. Au bout de deux ans, le montant des taxes dépasse le prix d’achat de la piscine », explique Lays Seghin, vendeuse chez Cash Piscine. « Ce sont souvent de grandes piscines démontables que les propriétaires préfèrent laisser installées pour éviter de gaspiller de l’eau et des produits d’entretien. Mais avec cette taxe, certains vont être contraints de les démonter. »
Pour la Ville de Charleroi, cette mesure pourrait rapporter plusieurs dizaines de milliers d’euros par an. Un montant modeste au regard des finances communales, mais que les autorités justifient par les contraintes budgétaires imposées par la Région wallonne.
« La convention Oxygène impose la mise en œuvre des taxes et redevances prévues dans les circulaires budgétaires régionales afin de continuer à bénéficier du soutien financier indispensable de la Région », explique la Ville. « Dans ce cadre, Charleroi a fait le choix de préserver au maximum les citoyens en évitant une augmentation de l’impôt sur les personnes physiques, qui aurait touché l’ensemble des ménages carolos. »
Actuellement, une centaine de foyers seraient concernés par cette nouvelle taxe à Charleroi. À l’échelle de la Wallonie, environ une commune sur cinq applique déjà une taxation sur les piscines privées.

