Belgique

Pierre-Yves Jeholet défend la réforme de l’emploi en Wallonie.

Le ministre wallon Pierre-Yves Jeholet a annoncé une réforme en profondeur de l’accompagnement des chercheurs d’emploi, réduisant le nombre de structures de plus de 300 à 43 points de contact uniques. Il a également annoncé que le montant des missions des agences locales pour l’emploi passerait de 4,10 euros à 6 euros, avec une limite de six mois renouvelables pour les publics les plus fragiles.


L’actualité internationale de la nuit a marqué l’entretien avec l’annonce d’une trêve temporaire entre les États-Unis et l’Iran, considérée par le ministre comme « un signe positif« . Il a souligné que « C’est un message d’espoir. Ce climat international a des conséquences très dommageables pour le pouvoir d’achat et la compétitivité de nos entreprises« , faisant référence à une dépendance énergétique qui fragilise l’économie wallonne.

Pierre-Yves Jeholet se montre prudent : « Il faut profiter de ces 15 jours pour négocier une paix, en tout cas un avenir meilleur« . Les entreprises wallonnes, face à la montée des coûts de l’énergie et des matières premières, expriment leurs inquiétudes. Cependant, le ministre rejette l’idée de nouvelles aides massives : « Les finances de la Région wallonne ne le permettent pas aujourd’hui« .

Le ministre a affirmé une ligne de rigueur budgétaire en déclarant : « Gouverner, ce n’est pas promettre le bonheur aux citoyens. Il faut être responsabilisant aujourd’hui« .

Pierre-Yves Jeholet met l’accent sur le fait que la responsabilisation est plus exigeante que l’assistanat, mais aussi plus efficace. Il demande de la patience malgré la flambée des prix à la pompe : « Il y a toujours un effet décalé. Il faut prendre l’annonce comme une bonne nouvelle, les prix vont probablement diminuer« . Il insiste également sur un devoir de vérité : « Protéger nos concitoyens, c’est aussi leur dire la vérité. Ne pas leur mentir sur les efforts à faire aujourd’hui et demain« .

Le ministre wallon annonce une profonde réforme de l’accompagnement des demandeurs d’emploi. La Wallonie dénombre aujourd’hui plus de 300 structures différentes, mais à l’avenir, seulement 43 points de contact uniques resteront. « On n’est pas orienté vers les structures. On fait des réformes pour les chercheurs d’emploi« , affirme-t-il, cernant l’objectif de simplifier et de personnaliser le parcours professionnel : « Ce sera beaucoup plus lisible, beaucoup plus cohérent, et surtout plus rapide« .

Un demandeur d’emploi pourra s’inscrire, être orienté et recevoir un accompagnement adapté en un seul lieu. Le ministre assure que « la personne ne sera plus perdue. Elle sera adressée vers l’opérateur le plus à même de l’accompagner« .

En critiquant le système actuel, il souligne la nécessité d’une logique de ciblage pour répondre aux profils des chercheurs d’emploi : « Ce sera vraiment en fonction du profil du chercheur d’emploi« . Concernant l’emploi dans le secteur avec cette réforme, il rassure : « Il n’y aura pas de licenciements. Ce sont des personnes qui sont en général détachées du Forem et donc elles vont garder leur emploi, elles vont peut-être changer d’endroit et de lieu de travail« .

Pierre-Yves Jeholet annonce un changement majeur avec la réforme des agences locales pour l’emploi (ALE), lesquelles disparaissent en tant que structures. Leur dispositif évolue, indiquant que « Ce n’est pas une finalité, c’est une étape pour retrouver un emploi durable« . Les missions seront désormais limitées dans le temps : « six mois, renouvelables pour les publics les plus fragiles« , et revalorisées financièrement de « quatre euros dix à six euros« .

Les chèques ALE deviendront un « tremplin » pour l’emploi. L’objectif demeure : « Remettre le pied à l’étrier« .

Sur le plan budgétaire, le constat est clair pour le ministre. Avec un déficit qui se creuse, le chemin vers 2029 sera maintenu avec des ajustements. Pierre-Yves Jeholet déclare : « On ne peut pas gouverner comme on l’a fait pendant des dizaines d’années« . Il appelle à une remise en question fondamentale : « Est-ce que les politiques menées ont atteint leur objectif ? Non. Ça veut dire qu’on a mal dépensé l’argent public« .

Il souhaite que « chaque euro investi soit optimalisé« , annonçant un changement de paradigme : « C’est un changement culturel. Il faut l’assumer« . Concernant l’effort budgétaire pour le redressement de la Wallonie, il affirme : « À un moment donné, tout le monde doit le faire. Mais pas toujours les gens qui travaillent« . Il écarte l’idée d’une hausse de la pression fiscale sur les entreprises, précisant : « On les taxe déjà beaucoup« , et insiste sur la nécessité de diminuer les dépenses publiques.

Entre rigueur budgétaire, réforme structurelle et discours de vérité, Pierre-Yves Jeholet dit assumer ses choix : « Ce sont des choix qui ne sont pas toujours évidents, mais nous les assumons« .