Pierre-Yves Dermagne (PS) dénonce les mesures énergie du gouvernement : « Un plan de communication plutôt qu’un plan d’action »
Selon Pierre-Yves Dermagne, « on parle de seulement quelques vingtaines de millions d’euros par mois pour l’ensemble de la population belge ». Le socialiste rappelle que « la crise de gouvernement est permanente » et souligne des tensions constantes au sein de la majorité.

C’est un plan de communication et non un plan d’action
D’après lui, l’aide annoncée — notamment l’augmentation possible de l’indemnité kilométrique — repose sur une logique incertaine. « Ce sont les employeurs qui vont devoir décider en fonction de leur capacité ou de leur volonté« , met-il en avant, soulignant une possible inégalité entre travailleurs.
Des mesures jugées « trop peu, trop tard » et « hypothétiques »
L’opposition socialiste insiste sur le caractère restreint de l’enveloppe budgétaire. « On parle de seulement quelques vingtaines de millions d’euros par mois pour l’ensemble de la population belge« , déplore Pierre-Yves Dermagne.
Au-delà du montant, c’est surtout l’accès aux aides qui pose problème, selon lui. Certaines d’entre elles passeront par les CPAS, obligeant ainsi les citoyens à entreprendre des démarches administratives parfois lourdes.

C’est trop tard, trop peu, trop compliqué et trop hypothétique
Pour le député socialiste, ces mécanismes risquent de dissuader les bénéficiaires potentiels et de retarder encore plus l’aide réelle.
Des entreprises peu enclines à suivre
Une autre critique majeure formulée par le leader socialiste de l’opposition concerne le rôle central laissé aux employeurs. « On a vu les réactions du banc patronal […] qui craint la complexité« , dit-il.
Certaines entreprises pourraient ne pas être en mesure d’augmenter les indemnités en raison de moyens insuffisants. En conséquence, il pourrait y avoir une application inégale de ces mesures. « Ces mesures seront injustes, car elles vont s’appliquer différemment à des travailleurs occupant le même poste« , déplore-t-il.
« Aucune réponse concrète » pour des millions de Belges
Dans un contexte de hausse généralisée des prix, Pierre-Yves Dermagne rappelle l’urgence sociale.
On a des millions de Belges qui ont véritablement des difficultés à joindre les deux bouts
Il déclare qu’une grande partie de la population ne dispose d’aucune réserve financière pour affronter ces chocs. « Ce sont des gens qui vont plonger dans le rouge« , prévient-il.
Le socialiste plaide pour des mesures ciblées, temporaires mais automatiques, à l’image de l’élargissement du tarif social instauré lors de la précédente législature.
Pour lui, en ce qui concerne les mesures énergie de l’Arizona, le constat est clair : « il n’y a aucune réponse concrète aux difficultés quotidiennes de millions de travailleurs et de millions de citoyens belges, en incluant les grands oubliés que sont les pensionnés« .
« Guerre » autour de l’index et des accises
Au-delà des aides immédiates, le débat s’élargit aux choix structurels du gouvernement Arizona. Le Parti socialiste s’oppose fermement à certaines réformes, notamment le plafonnement de l’indexation et l’augmentation des accises.
« N’allez pas chercher de l’argent dans la poche de la moitié des travailleurs ou des pensionnés« , avertit-il, dénonçant un « double saut d’index partiel » qui pourrait lourdement pénaliser la population.
Le Parti socialiste mène, en tant qu’opposition, une stratégie de blocage parlementaire, de guérilla, pour ralentir ces mesures, ouvrir le débat et tenter d’obliger le gouvernement à revoir ses décisions.
Une « crise permanente » au sommet de l’État
Le socialiste, chef de file de l’opposition au Parlement, dresse un constat sévère du fonctionnement gouvernemental.
La crise de gouvernement est permanente
Il souligne des tensions constantes au sein de la majorité et des divergences sur l’interprétation de l’accord de gouvernement.
Malgré ce climat, le PS entend maintenir la pression. « Notre travail, c’est de dénoncer l’injustice et l’inefficacité des mesures, mais aussi de proposer une société plus juste« , indique Pierre-Yves Dermagne, ajoutant : « j’ai surtout peur pour les Belges, pour leur avenir, pour les services publics, pour la sécurité sociale, le système de soins de santé, les soins…« .

