Manifestations en Iran : les étudiants poursuivent la contestation à Téhéran malgré les risques
Des vidéos géolocalisées par l’AFP à l’université de technologie de Sharif montrent des échauffourées dans une foule, où certains scandent « bi sharaf », ou « honteux », en persan. Selon l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), plus de 7000 personnes, la plupart des manifestants, ont été tuées dans la répression et plus de 53.000 personnes arrêtées depuis janvier.
Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et géolocalisées par l’AFP à l’université de technologie de Sharif, principale institution d’ingénierie dans la capitale iranienne, montrent des échauffourées éclater au sein d’une foule où certains scandent « bi sharaf », ou « honteux », en persan.
D’autres images, publiées par la chaîne de télévision Iran International, basée à l’étranger, révèlent une vaste foule proférant des messages hostiles au gouvernement.
Selon l’agence de presse iranienne Fars, une « [manifestation silencieuse et pacifique](#) » d’étudiants a été perturbée par des individus criant notamment « mort au dictateur », un slogan clé du mouvement de contestation visant le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei. D’autres médias iraniens rapportent des rassemblements dans au moins deux autres universités de Téhéran.
Cette semaine, les slogans anti-gouvernementaux sont réapparus alors que se terminait la période de deuil traditionnel musulman de 40 jours, après le pic des manifestations des 8 et 9 janvier. Initialement déclenchées pour dénoncer la crise économique, ces mobilisations se sont rapidement transformées en une contestation du pouvoir, réprimée dans le sang.
D’après l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, plus de 7 000 personnes, majoritairement des manifestants, ont été tuées dans la répression, et plus de 53 000 individus ont été arrêtés depuis janvier. Les autorités, quant à elles, évoquent 3 000 morts, en majorité des membres des forces de sécurité et des civils tués par des « terroristes » à la solde d’Israël et des États-Unis.

