Belgique

Livre de « dark romance » : les plateformes de vente en ligne coupables ?

Le roman « Corps à cœur », écrit par Jessie Auryann, est classé dans le sous-genre de la « dark romance » et a suscité une polémique en raison de certaines scènes décrites. Depuis l’entrée en vigueur du Digital Services Act (DSA) dans l’Union européenne, les plateformes comme Amazon doivent retirer des contenus illicites dès qu’elles en ont connaissance.


Kidnapping, épreuves physiques et psychologiques, consentement ignoré dans certaines scènes sexuelles : tel est le mélange caractéristique de nombreux ouvrages de « dark romance ». Ce genre littéraire, qui narre des « histoires d’amour » souvent malsaines ou moralement condamnables, s’épanouit dans un cadre violent et toxique. Apparue aux Etats-Unis il y a environ dix ans, cette tendance s’est étendue au milieu de la littérature francophone.

Le roman « Corps à cœur », autopublié par l’auteur française Jessie Auryann, s’inscrit dans ce sous-genre. Bien que le premier tome ait été publié en 2023 et le second un an plus tard, c’est la sortie d’une version intégrale qui a suscité la controverse. Pour certains lecteurs et certaines lectrices, les scènes de torture et de viol sur des enfants présentes dans cette œuvre dépassent le cadre de la « dark romance ».

### Pétition et retrait de plateformes de vente en ligne

Depuis l’entrée en vigueur du Digital Services Act (DSA) dans l’Union européenne, ce règlement a pour principal objectif de prévenir la diffusion de contenus illicites et la vente de produits illégaux en ligne. Les plateformes comme Amazon sont désormais considérées comme des intermédiaires techniques actifs.

« La législation européenne stipule que les plateformes ne sont pas responsables du contenu publié par des utilisateurs tiers, mais elles deviennent responsables dès qu’elles prennent connaissance d’un contenu problématique ou si elles en font réellement la promotion active, par exemple en favorisant sa diffusion virale via leurs algorithmes, » précise Nicolas Van Zeebroeck.

En vertu de cette législation européenne, Amazon a agi conformément à ses obligations en retirant rapidement le livre « Corps à cœur » de la vente. Alors que l’ouvrage se classait parmi les best-sellers sur la plateforme, ce retrait a contribué à diminuer sa visibilité. « En revanche, si l’on prouve qu’Amazon avait connaissance du succès du livre sans agir rapidement, sa responsabilité serait fortement engagée, » explique Nicolas Van Zeebroeck.

Les plateformes qui ne respecteraient pas le DSA risquent des amendes atteignant jusqu’à 6 % de leur chiffre d’affaires total.

### L’avis de François Coune, influenceur littéraire

Livre de « dark romance » faisant l’apologie de la pédocriminalité : l’avis de François Coune, influenceur littéraire.