Belgique

Léon XIV réalise la première visite d’un Pape en Algérie.

Trois ONG internationales, dont Human Rights Watch, ont exhorté le pape à soulever les questions de droits humains et de liberté religieuse auprès des autorités algériennes, affirmant que les minorités religieuses « font face à des restrictions juridiques et administratives discriminatoires ». Léon XIV se recueillera aussi en privé dans la chapelle des 19 « martyrs d’Algérie », des prêtres et religieuses assassinés pendant la décennie noire de guerre civile (1992-2002).

La question des droits humains en Algérie

Quelques jours avant sa visite, trois organisations non gouvernementales internationales, dont Human Rights Watch, ont appelé le pape à aborder les questions relatives aux droits humains et à la liberté religieuse avec les autorités algériennes, affirmant que les minorités religieuses « sont confrontées à des restrictions juridiques et administratives discriminatoires« .

L’islam est la religion d’État en Algérie, mais la Constitution garantit la liberté de culte, sous réserve d’une autorisation des autorités pour le lieu de culte et le prédicateur.

« Portée symbolique »

Les Algériens « sont sensibles au fait que (les) premiers voyages (du Pape) sont centrés sur la Méditerranée, ce qui témoigne d’une attention manifeste aux enjeux de la région, aux relations Nord-Sud« , a déclaré à l’AFP Mgr Michel Guillaud, évêque de Constantine et Hippone. La visite a été saluée dans les médias locaux pour sa « portée symbolique et historique« , bien au-delà des 9000 catholiques présents dans le pays.

Pour le quotidien gouvernemental El Moudjahid, elle incarne le « soft power algérien« . Selon le journal, c’est « un acte diplomatique majeur pour l’Algérie, qui traduit une reconnaissance de sa stabilité, de son rôle de médiateur régional et de sa capacité à dialoguer avec des acteurs globaux« .

Visite de la Grande Mosquée

À Alger, Léon XIV sera accueilli lundi matin par le président Abdelmadjid Tebboune et prononcera un premier discours devant les autorités et le corps diplomatique. Aucun bain de foule n’est prévu dans la capitale, et la célèbre papamobile, ce véhicule emblématique, restera à l’aéroport, selon le site d’information Casbah Tribune.

L’après-midi, le pape visitera la Grande Mosquée, l’une des plus vastes du monde, et honorera les figures de la mémoire algérienne en reconnaissance de l’histoire nationale. Il rencontrera également la population algérienne à la cathédrale Notre-Dame d’Afrique, qui surplombe la baie d’Alger.

« Hospitalité »

Léon XIV se recueillera également en privé dans la chapelle des 19 « martyrs d’Algérie », des prêtres et religieuses assassinés pendant la décennie noire de guerre civile (1992-2002), symbole du prix payé par les religieux engagés dans le dialogue avec l’islam. Cependant, il ne se rendra pas au monastère de Tibhirine, où des moines ont été enlevés et assassinés en 1996, un épisode encore entouré de zones d’ombre.

L’étape la plus emblématique pour le pape, originaire de Chicago, aura lieu mardi avec un déplacement à Annaba (est), ancienne Hippone, dont Saint Augustin fut l’évêque. Il y donnera une messe dans la basilique surplombant la ville.

Pour sa première apparition publique le jour de son élection, Robert Francis Prevost s’était présenté comme « un fils de Saint Augustin », en référence à l’ordre dont il est issu, fondé au XIIIe siècle sur des préceptes de vie commune et de partage.

Le père Fred Wekesa, recteur de la basilique d’Annaba, a exprimé son émotion face à « l’élan spontané des Algériens« , qui ont invité le Pape dès son souhait de visiter l’Algérie. « Trop souvent, certains ne voient ce pays qu’à travers les ‘années noires’, a-t-il regretté : avec la venue du Saint-Père […], le monde entier verra l’hospitalité et la générosité du peuple algérien« .