Le roi Philippe en mission économique : « C’est un carton plein ».
Yves Delatte, le patron de la Sonaca, participe depuis ce mardi à une mission économique en Belgique organisée par le roi. Selon lui, cette mission a permis de découvrir des entreprises belges leaders mondiaux et a été un franc succès, favorisant les échanges entre patrons wallons et flamands.
Depuis ce mardi, le directeur de la Sonaca participe à une mission économique en Belgique orchestrée par le roi. Bien que cette initiative puisse sembler surprenante, elle vise à favoriser les échanges entre les entrepreneurs des deux régions linguistiques, qui ne communiquent pas suffisamment.
Yves Delatte, le CEO de Sonaca, confie : « Je ne dis pas qu’il en a eu besoin, mais il a eu envie de faire une mission en Belgique. Et quand on m’a appelé pour dire qu’on passerait deux jours avec le Roi à explorer la Wallonie et la Flandre, ça m’a fait sourire. » Toutefois, il ajoute : « Après cette première journée, c’est un franc succès. Ça nous a permis de nous découvrir. À la Sonaca, nous collaborons avec nos partenaires wallons et flamands dans l’aéronautique et la défense, mais nous connaissons très peu les dirigeants des autres entreprises et sectors. Cela nous a permis de mieux nous connaître et de voir qu’il existe moins de barrières entre les Wallons et les Flamands que prévu. »
Pour Delatte, le régionalisme est excessif : « Nous sommes submergés par des discours politiques et médiatiques très localisés. Chacun vit dans son propre monde. Dans la presse, on parle beaucoup des entreprises wallonnes, mais peu des flamandes. » Il s’avère que cette mission a été bénéfique, car il a pu « découvrir des entreprises belges qui sont leaders mondiaux dans le secteur du papier, dont nous n’avions jamais entendu parler. Il y a également Soubry, basée en Flandre, qui produit 100.000 tonnes de pâtes par an. » Il a aussi noté l’importance du réseau entre les entrepreneurs flamands et wallons, en soulignant le soutien mutuel qu’ils peuvent s’apporter.
L’objectif est de rapprocher les patrons des deux régions et de faire prendre conscience aux flamands des opportunités en Wallonie, tout en dissipant les préjugés. La Sonaca, pour sa part, souhaite transcender les frontières : « Nous collaborons avec des entreprises dans toute la Belgique depuis des décennies. Nous avons plus de 250 emplois directs en Flandre et plus de 500 fournisseurs à l’échelle belge. Nous soutenons l’écosystème belge, ce qui nous permet de combiner le meilleur de la Belgique pour nos clients internationaux. Ce modèle est réplicable, notamment dans le secteur de la défense, où des avancées apparaissent en Flandre après des années de blocage. Il est plus efficient de s’appuyer sur les forces wallonnes dans un écosystème belge que de créer une nouvelle industrie de la défense flamande. »
Delatte insiste également sur l’importance de la marque Belgique : « Ce que nous avons observé lors des visites, c’est que deux dirigeants de fédérations collaborent pour rapprocher des points de vue afin de développer une vision commune. À l’international, la Belgique possède plus de valeur que les marques régionales. » Ainsi, la Sonaca aspire à être associée à des projets d’envergure, notamment dans l’espace.
Il reconnaît toutefois un retard à rattraper dans le secteur spatial, attribuant cela au dynamisme de SpaceX. « Nous avons toutes les compétences en Europe pour rebondir, mais le protectionnisme des États nous freine. Je plaide en faveur d’une plus grande collaboration européenne, car à l’échelle de l’Europe, nous pouvons atteindre les standards mondiaux, comme l’illustre le cas d’Airbus. »
La Sonaca souhaite également continuer d’affirmer sa présence : « En trois ans, notre chiffre d’affaires a triplé, mais il est essentiel de maintenir l’ambition. Entre 400 millions et 1,2 milliard, c’est ça l’ambition : réaliser des projets, croître, créer des emplois. Les visites royales sont un complément, un catalyseur. »
Avec cette mission qui se prolonge ce mercredi, le CEO de Sonaca évoque aussi la nécessité de protéger l’espace aérien : « Investir dans la défense est d’abord une responsabilité. On veut protéger notre ciel. La guerre en Ukraine nous a rappelé cette nécessité. » Il souligne également l’importance de faire des choix d’investissement judicieux et évoque les défis liés aux menaces actuelles.
Yves Delatte veut transformer Sonaca en acteur clé dans le domaine de la défense et favoriser un développement stratégique dès les projets initiaux. « Il est essentiel d’être impliqué dès la phase de développement, comme nous l’avons vu avec les F16. » Il espère un alignement entre les artisans et les politiques pour permettre à la Belgitude de briller dans le secteur aéronautique.

