Le rapport de l’expert automobile contredit Paolo Falzone aux Assises
Marc Van Lierde, expert automobile, conclut que « l’application immédiate de la décélération maximale (freinage d’urgence) aurait permis de réduire la vitesse d’impact à 34 km/h ». Il établit également que selon ses premiers calculs, la BMW de Paolo Falzone roulait à 141 km/h dans la rue des Canadiens.
L’expert reconnu, Marc Van Lierde, a fourni une analyse claire des événements. Il a souligné que non seulement la vitesse de l’accusé était excessive, mais qu’à deux secondes et demie de l’impact, il était encore en train d’accélérer. L’expert conclut, avec des preuves à l’appui, qu’en freinant immédiatement, même à 170 km/h, le véhicule aurait pu presque s’arrêter à temps, car le groupe de personnes était visible de loin.
L’expert déclare : « L’application immédiate de la décélération maximale (freinage d’urgence) aurait permis de réduire la vitesse d’impact à 34 km/h. »
Ainsi, si Paolo Falzone avait freiné dès qu’il a aperçu le groupe, même à 174 km/h, il n’aurait heurté le groupe que sur une distance de quatre mètres, réduisant de manière significative le nombre de victimes, avec une vitesse d’impact de seulement 34 km/h. Cette affirmation montre également que Paolo Falzone n’a pas freiné autant qu’il l’a toujours prétendu.
L’expert a également simulé la projection des corps des victimes durant les quelques secondes où le véhicule a traversé le cortège. Cette simulation, qui illustre la « cinétique de collision », a révélé que certains corps ont été projetés à une distance de 28 mètres. Marc Van Lierde a aussi précisé que tout cela s’est produit en quelques secondes, ne laissant aucune chance aux victimes de s’écarter.
Il a démontré que le « franchissement » du gille sur le capot avait pu être évité. Si la voiture avait continué à freiner, elle se serait arrêtée avant l’impact. Frédéric d’Andrea a donc été écrasé « volontairement », un élément clé dans le cadre des poursuites pour meurtre que doit affronter Paolo Falzone.
La vidéo réalisée par Paolo Falzone, qui montre la voiture circulant à 173 km/h dans une zone limitée à 50 km/h, est particulièrement révélatrice. L’expert, Marc Van Lierde, qui possède 35 ans d’expérience dans l’expertise automobile et traite près d’une centaine de dossiers par an, a expliqué la méthodologie utilisée dans son enquête. Il a rappelé qu’une reconstitution a été effectuée de nuit pour évaluer la portée des phares, ce qui devrait prouver que le groupe était bien visible et a aussi analysé les données du module airbag, tout en participant à l’audition de Paolo Falzone et à la reconstitution judiciaire.
« J’ai décidé de me rendre d’abord à la rue Aubry afin de prendre connaissance d’abord de l’état du véhicule », a indiqué Marc Van Lierde. L’expert a pris 360 photos sur le site du drame, permettant de créer une reconstitution en 3D de la voiture.
Selon ses premiers calculs, la BMW circulait à 141 km/h dans la rue des Canadiens, tandis que les feux stop étaient allumés, ce qui signalait que la voiture freinait quand cette vitesse a été mesurée. En utilisant une autre méthodologie dans la rue de la Croisette, l’expert a mesuré une vitesse de 163 km/h.
Le tableau qu’il a présenté montre que jusqu’à deux secondes et demie avant l’impact, le véhicule continuait d’accélérer, atteignant la vitesse de 173 km/h en agglomération.
L’expert a remarqué qu’il n’y avait pratiquement pas de dommages sur les flancs de la voiture de Paolo Falzone, la majorité des impacts étant concentrés à l’avant, ce qui correspond aux impacts de « chocs mous » constatés lors de collisions avec des piétons. Des traces déterminantes sur le soubassement sont probablement dues au passage du piéton Frédéric d’Andrea, et la voiture présente également des traces de sang.
Marc Van Lierde a montré une vidéo à la cour, filmée avec une GoPro, dans laquelle il teste une BMW de puissance similaire à celle de Paolo Falzone. Les images sont saisissantes et ont conduit l’expert à déclarer : « Je peux vous dire qu’à cette vitesse-là, je n’étais pas à mon aise, je me suis dit : ici, s’il y a un piéton qui déboule… »
Il a également expliqué pourquoi les airbags ne se sont pas déclenchés : le module airbag n’a pas enregistré une décélération suffisamment importante. En résumé, Marc Van Lierde a estimé que l’impact s’est produit à une vitesse de 105 km/h.

