Le mouvement #MeToo touche la musique techno : plusieurs DJ ne sont pas accusés.
Plusieurs artistes ont été accusés sur les réseaux sociaux de violences sexistes et sexuelles, entraînant des suspensions de collaborations par l’agence STEER. Le DJ Odymel a déclaré que les faits qui lui sont reprochés auraient eu lieu après un rapport sexuel consenti et qu’il n’a pas le moindre souvenir de cet épisode de « sexomnie ».
Le milieu du clubbing et de la techno doit-il affronter le mouvement #MeToo ? Actuellement, plusieurs artistes sont accusés sur les réseaux sociaux de violences sexistes et sexuelles ainsi que d’atteintes à l’intégrité sexuelle. Ces accusations ont déjà des conséquences, with some targeted artists being removed from various events.
Ces allégations ont été relayées sur Instagram par Brad Bedzyk, un ancien collaborateur de l’agence française d’artistes « STEER Management », provoquant un émoi dans la communauté techno. Dans plusieurs publications, ce collaborateur a partagé des témoignages à charge contre plusieurs DJ, dont quatre sont liés à l’agence STEER. Ces accusations n’ont, pour l’instant, pas pu être vérifiées.
**Des artistes suspendus après des accusations**
À la suite de ces accusations, l’agence STEER a publié un communiqué sur ses réseaux sociaux le vendredi 20 février. Elle a déclaré prendre ces accusations « avec le plus grand sérieux » et a indiqué qu’elle avait « engagé une analyse approfondie des éléments avancés ». L’agence a ajouté que « si des faits sont établis et confirmés, des mesures immédiates seront prises. Le cas échéant, toutes les actions nécessaires, y compris judiciaires, seront engagées ».
L’agence a rappelé que « dans un État de droit, l’examen de faits graves relève des autorités compétentes et doit s’inscrire dans un cadre légal, contradictoire et respectueux des personnes ». Elle a ensuite invité chacun à « la responsabilité et à la mesure, afin que la vérité puisse être établie dans des conditions justes et sereines ».
Le lendemain, samedi 21 février, l’agence s’est de nouveau exprimée, annonçant avoir « décidé de suspendre nos collaborations avec les artistes visés » face à la multiplication des allégations, sans toutefois nommer ces artistes.
**Deux artistes visés par les accusations ont réagi**
Parmi les artistes concernés par ces allégations, deux ont pris la parole publiquement sur les réseaux sociaux.
**Shlømo se défend**
Le DJ français Shlømo a réagi sur Instagram peu après la polémique. Accusé de violences sexuelles et de grooming, il se dit « victime d’une campagne de calomnie et de diffamation fondée sur des informations mensongères […] délibérément déformées, tronquées ou purement inventées, dans le seul objectif de me nuire ». Il a annoncé avoir « engagé des actions afin d’examiner les suites judiciaires à donner à cette campagne infondée » et a précisé se « mettre en retrait ces prochaines semaines afin de me consacrer aux démarches nécessaires à la défense de mon honneur et de ma réputation ».
**Odymel s’exprime également**
Le DJ et producteur suisse Odymel, basé à Bruxelles, a également publié un long message sur les réseaux sociaux pour répondre à une accusation d’abus sexuel. Il explique que les faits reprochés seraient survenus après un rapport sexuel consenti avec une personne qu’il connaissait ponctuellement. Endormi, Odymel aurait « involontairement eu des gestes à caractères sexuels solitaires » et a affirmé avoir « arrêté toute action à la seconde même où elle a exprimé son refus vocal ».
L’artiste annonce avoir appris cette situation de « sexomnie » plusieurs jours après et ne se souvient « à ce jour, toujours pas le moindre souvenir de cet épisode ». Il indique qu’une enquête préliminaire est en cours et qu’il « coopère pleinement » avec les autorités compétentes.
Odymel affirme que sa situation est « distincte de celles évoquées ces derniers jours au sujet d’autres artistes » de son ancienne agence STEER et « se désolidarise de toute attitude problématique et répétitive, consciemment actée, dénoncée ces derniers jours ».
**Des festivals ont déjà déprogrammé certains artistes**
Plusieurs artistes accusés ont été retirés de certains événements et festivals. D’autres festivals, comme le festival Madame Loyal en France, ont déclaré prendre la situation au sérieux et agiront en conséquence dès qu’ils disposeront de plus d’éléments.
**Un appel à la libération de la parole**
Face à ces accusations, de nombreux artistes de la scène techno et hard techno encouragent les possibles victimes à partager leurs témoignages. Plusieurs artistes, liés à l’agence STEER mais n’étant pas visés par ces accusations, ont rompu leur collaboration avec l’agence à la suite des allégations.
L’agence STEER n’a pour l’instant pas répondu aux demandes de commentaires. Rappelons que les personnes citées bénéficient de la présomption d’innocence.

