Belgique

Le crédit social permet d’acheter un logement sans argent de côté.

À 29 ans, Anaïs, en CDI dans une université, a emménagé dans son appartement il y a deux semaines. Pour y prétendre, il ne faut pas dépasser 81.700 euros de revenus par an avant impôt.


À 29 ans, Anaïs, employée en CDI dans une université, a récemment acquis son appartement. Cela fait deux semaines qu’elle a emménagé et le chemin n’a pas été facile. « Ma banque me demandait 20 à 25.000 euros. J’ai aussi testé deux autres banques qui me demandaient les mêmes montants. Ce n’était pas possible pour moi et mes parents ne pouvaient pas m’aider, » raconte-t-elle.

Bien qu’elle perçoive un salaire supérieur à 2000 euros net par mois, Anaïs n’avait pas la possibilité d’emprunter. Les banques exigent en moyenne qu’un emprunteur débourse de sa poche 10 % de la valeur du bien qu’il souhaite acquérir, sans oublier les taxes et les frais de notaire. Cependant, Anaïs n’a pas abandonné.

« J’ai entendu parler du crédit social, je pense que j’ai cherché sur Google. Avec ça, j’ai pu seulement faire un apport de 5000 euros et donc j’ai pu emprunter à plus de 100 %, » expliquait la jeune propriétaire.

**Un crédit accessible**

Malgré son intitulé, le crédit social n’est pas uniquement destiné aux personnes aux revenus les plus modestes. Pour y avoir droit, il ne faut pas dépasser 81.700 euros de revenus annuels avant impôt, un seuil qui reste accessible pour la plupart des jeunes travailleurs wallons.

De plus, être jeune présente des avantages : les personnes de moins de 35 ans n’ayant pas encore accédé à la propriété peuvent bénéficier d’une réduction de taux de 0,40 % pendant toute la durée du crédit.

Pourtant, peu de jeunes salariés envisagent le crédit social, risquant ainsi de renoncer à leurs projets, alors que des fonds sont disponibles et prêts à être empruntés.

« Nous avons effectivement une enveloppe de 350 millions par an et l’année dernière nous ne l’avons pas consommée, en particulier en raison de la réforme des allocations de chômage qui fait que c’est un public qui ne peut plus s’adresser à nous, » déclare Nathalie Ombelets, directrice générale de la Société wallonne du crédit social.

Ainsi, le crédit social représente l’une des rares solutions pour investir dans l’immobilier lorsque les économies personnelles ne suffisent pas à convaincre les banques.