Belgique

Le bourgmestre de Braine-l’Alleud admet avoir utilisé une image IA.

Les équipes de la RTBF ont mis plusieurs heures à confirmer que la photo publiée par le bourgmestre Vincent Scourneau sur sa page Facebook avait été augmentée grâce à l’intelligence artificielle. La chercheuse en communication politique de l’UCLouvain, Inès Kalai, a indiqué qu’il n’y a pas de règle qui empêche cette pratique, mais elle soulève de vraies questions éthiques.


Plusieurs heures ont été nécessaires aux équipes de la RTBF pour établir sans aucun doute que la photo publiée par le bourgmestre Vincent Scourneau sur sa page Facebook avait été modifiée à l’aide de l’intelligence artificielle.

Une image existante du parc du Paradis à Braine-l’Alleud a bien été utilisée comme base, mais plusieurs éléments ont été ajoutés, tels que des jeunes fêteurs, un barbecue et des déchets.

Céline, une résidente de Braine-l’Alleud, a initialement cru à une photo authentique : « Moi ma première réaction a été de penser que c’était une vraie photo, et c’est seulement en lisant les commentaires sur Facebook que j’ai compris. Mais je pense que c’était un peu l’objectif qu’on la prenne pour une vraie photo. »

Elle estime que cette utilisation de l’intelligence artificielle est malhonnête : « On essaye de faire croire à une situation qui n’a pas existé, en fait. Une situation qui est fausse. Et donc là vraiment, c’est une manière d’utiliser l’IA qui est assez choquante. »

Le bourgmestre Vincent Scourneau a diffusé cette photo sur Facebook dans un post annonçant un durcissement du règlement du parc du Paradis, afin de prévenir tout débordement. Selon lui, il n’y a eu aucune maladresse dans cette communication : « C’est une image qui a été générée pour démontrer ce qu’on ne voulait plus voir dans le parc. Je pense qu’on a gardé la mesure en proposant une image qui montre ce qui sera interdit dorénavant. »

Interrogé sur une éventuelle répétition de l’utilisation de telles images IA dans sa communication, le bourgmestre répond : « Vous savez, l’intelligence artificielle est un outil que si demain vous n’utilisez plus ou pas, vous serez hors-jeux. »

En ce qui concerne la légitimité de sa démarche, Inès Kalai, chercheuse en communication politique à l’UCLouvain et collaboratrice du bourgmestre de Forest, affirme : « Il n’y a pas de règle qui l’en empêche. Mais cela soulève de vraies questions éthiques. Et ces questions, chaque individu doit se les poser, tout comme les partis politiques doivent les poser à leurs élus, leurs mandataires et leurs candidats, afin de définir quelles règles doivent — ou non — encadrer l’usage de l’intelligence artificielle dans la communication politique. »

Bien que le bourgmestre Vincent Scourneau ne reconnaisse aucune maladresse, il admet qu’il aurait peut-être été préférable de préciser que l’image avait été générée par une intelligence artificielle.