La Wallonie publie sa première « Liste rouge officielle » des plantes menacées.
La Wallonie a établi, le mardi 28 avril 2026, sa première Liste rouge officielle des plantes indigènes, analysant au total 1284 espèces et sous-espèces indigènes. Parmi celles-ci, 521 espèces et sous-espèces, soit 40,6%, figurent sur la Liste rouge au sens strict, dans les catégories menacées.
C’est un thermomètre discret, mais précieux, de la santé du vivant. La Wallonie a publié, ce mardi 28 avril 2026, sa première Liste rouge officielle des plantes indigènes. Cet outil scientifique a pour mission d’évaluer l’état de conservation de sa flore vasculaire, comprenant les plantes à fleurs, les conifères et les fougères, qui constituent l’essentiel de la flore sauvage régionale.
Au total, 1284 espèces et sous-espèces indigènes ont été examinées, et le bilan est préoccupant. Parmi celles-ci, 95 sont jugées comme éteintes au niveau régional, 238 en danger critique, 128 en danger et 155 vulnérables. Ainsi, 521 espèces et sous-espèces, soit 40,6%, se trouvent sur la Liste rouge au sens strict, c’est-à-dire dans les catégories considérées comme menacées.
En complément, 112 espèces sont classées comme quasi menacées, 504 espèces comme de préoccupation mineure et 52 espèces n’ont pas pu être évaluées faute de données suffisantes.
### Une légère amélioration sur certains points
Derrière ces catégories assez austères (CR pour « danger critique », EN pour « en danger », VU pour « vulnérable ») se dessine un aperçu clair de la biodiversité végétale wallonne. La Liste rouge ne se limite pas à indiquer quelles plantes sont menacées d’extinction. Elle permet également d’identifier celles qui survivent, celles qui diminuent, et celles dont la situation reste mal connue.
La comparaison avec l’ancienne référence publiée en 2006 présente des nuances. Pour les espèces évaluées aux deux périodes, une légère amélioration est constatée sur certains aspects. Le nombre d’espèces considérées comme éteintes a baissé de 16 unités, certaines ayant été redécouvertes. Cependant, cette amélioration demeure fragile. Le nombre d’espèces menacées a légèrement diminué de 19 unités, et un mouvement global vers des statuts de moindre menace est observé. La situation est néanmoins jugée très préoccupante.
### Une base de référence
Cette Liste rouge est le résultat d’un travail mené par les équipes de la Direction de la Nature et de l’Eau du Service public de Wallonie, au sein du Département de l’Étude du Milieu naturel et agricole, en collaboration avec l’Université de Liège et Gembloux Agro-Bio Tech.
Elle repose sur l’analyse de plus de 4,5 millions de données, collectées sur le terrain par des agents du service public, ainsi que par des naturalistes amateurs et des associations. Les données ont été regroupées, vérifiées et analysées selon les critères de l’Union internationale pour la conservation de la nature.
Ainsi, l’enjeu va au-delà d’un simple inventaire botanique. Le but de cette Liste rouge est de servir de base de référence pour guider les politiques de conservation, de protection et de gestion de la biodiversité dans les années à venir.

