La télésurveillance par IA : « Jeremi, c’est ma sécurité »
Janine Lejour, une habitante de Mainvault âgée de 75 ans, a fait entrer Jeremi dans sa vie il y a sept mois. Depuis son lancement en 2022, le projet pilote JEREMI a été subventionné à hauteur de 6 millions d’euros par la Wallonie et l’Union européenne.
Janine Lejour, résidente de Mainvault âgée de 75 ans, a intégré Jeremi dans sa vie depuis sept mois. Jeremi est un dispositif de télévigilance opérationnel depuis mars 2025, financé par la Wallonie et l’Union européenne, intégrant de l’intelligence artificielle et signifiant ‘JE REste dans ma Maison Intelligente’. Au départ, Janine était quelque peu méfiante. « Ça m’angoissait. Je me disais : ‘Je suis espionnée chez moi‘. Puis je me suis dit : ‘C’est pour ma sécurité‘. Et maintenant, je n’y pense plus. »
Ce service repose sur un réseau de capteurs installés dans les différentes pièces de la maison ainsi que sur les portes. Jeremi analyse toutes les informations collectées pour déterminer si la personne bénéficiaire tombe ou si ses habitudes changent. « Le jour de Noël, j’avais un coup de cafard. Je suis restée au fauteuil toute ma journée. Le téléphone sonne. C’était Jeremi qui s’inquiétait parce que je n’avais pas bougé de mon fauteuil. » En réalité, après l’alerte de Jeremi, c’est un collaborateur qui prend le relais en effectuant l’appel téléphonique.
Une montre connectée
« On a aussi développé une télévigilance d’extérieur« , explique Anne Hermans, responsable des relations extérieures de l’ASBL AiDiDom qui gère le projet Jeremi. Lorsque les bénéficiaires sortent dans le jardin ou partent en promenade, une montre-bracelet prend le relais. « C’est une montre connectée adaptée aux personnes âgées. Il n’y a pas d’écran tactile, mais quelques touches faciles à utiliser. Un accéléromètre détecte les chutes lourdes ainsi que le passage de la position verticale à horizontale. Un GPS permet de géolocaliser la personne et un téléphone est intégré dans la montre. On peut entrer directement en contact avec une téléopératrice à travers le bracelet-montre. »
Les données collectées par Jeremi permettent d’évaluer l’autonomie des personnes suivies. « C’est l’axe de prévention. Avec l’accord des bénéficiaires, on peut l’activer. L’intelligence artificielle émet alors des scores sur la mobilité, l’hygiène – calculé notamment sur le nombre de passages et le temps passé dans la salle de bain –, la vie sociale et le sommeil. On va voir, en fonction des statistiques qui remontent, si la perte d’autonomie s’installe progressivement, car la perte d’autonomie est souvent silencieuse pour le bénéficiaire. »
Détecter et puis agir à domicile
Des services paramédicaux peuvent être sollicités pour mettre en œuvre des actions à domicile. « Une infirmière si le score hygiène est bas ou un kiné si on constate une diminution du score de mobilité. »
Depuis son lancement en 2022, le projet pilote JEREMI a été subventionné à hauteur de 6 millions d’euros par la Wallonie et l’Union européenne. Il est gratuit jusqu’en septembre 2026. Par la suite, le projet devra trouver de nouveaux financements. Actuellement, 1400 Wallons et Wallonnes bénéficient de Jeremi à domicile. Ces bénéficiaires sont des personnes de plus de 65 ans en perte d’autonomie ou des personnes en situation de handicap, sans limitation d’âge. Le bénéficiaire le plus jeune a 9 ans, tandis que le plus âgé a 102 ans.

