Belgique

La Belgique adopte des recommandations contre les violences gynécologiques.

Les réseaux sociaux, à travers des hashtags comme #PayeTonUtérus, ont permis à des femmes de partager leurs mauvaises expériences lors de soins en santé sexuelle et reproductive, ce qui a conduit à la création d’un groupe de travail interfédéral. Le rapport de ce groupe de travail met en avant que la définition de la violence gynécologique et obstétricale (VGO) inclut « tout acte, parole, comportement, omission ou abstention commis par les professionnel·le·s dans le cadre des services de santé sexuelle et reproductive qui va porter atteinte à l’intégrité des femmes ».


Une fois de plus, les réseaux sociaux ont servi de déclencheur. À travers des hashtags tels que #PayeTonUtérus, de nombreuses femmes ont partagé leurs expériences négatives concernant les soins en santé sexuelle et reproductive. Cela a conduit à la création d’un groupe de travail interfédéral qui a récemment formulé ses recommandations.

Manque de dignité, non-respect de l’intimité, absence de consentement, minimisation de la douleur… Autant de comportements englobés dans la définition de la violence gynécologique et obstétricale (VGO). Ainsi, le groupe de travail a élargi son champ d’application au-delà des simples violences verbales, physiques ou sexuelles. La définition énoncée est la suivante : « tout acte, parole, comportement, omission ou abstention commis par les professionnel·le·s dans le cadre des services de santé sexuelle et reproductive qui porte atteinte à l’intégrité des femmes et entraîne, ou est susceptible d’entraîner, des dommages ou souffrances de nature physique ou psychologique. »

Le rapport inclut une liste d’exemples, certains évidents (réaliser un examen gynécologique sans consentement), d’autres souvent considérés comme des pratiques habituelles, comme effectuer une épisiotomie sans consentement médical ou ne pas réorienter une patiente après avoir refusé de pratiquer une interruption volontaire de grossesse. Ces actions s’inscrivent pourtant dans la définition des VGO.

Des pistes pour agir

Le groupe de travail avait pour objectif principal de fournir des recommandations aux autorités compétentes, au secteur médical et aux patientes elles-mêmes. Résumer 12 pages de directives détaillées, organisées en sept thèmes, n’est pas aisé, mais quelques points peuvent être mis en avant.

La première recommandation est d’informer les patientes de leurs droits. Cela se fera par le biais de campagnes de sensibilisation. Ensuite, il est essentiel de renforcer le dialogue entre les professionnels de santé et les patientes, qui doivent pouvoir décider en toute connaissance de cause. Pour cela, il convient d’encourager les échanges, les débriefings et les médiations. La confiance, la communication et la prise de décision partagée doivent être prioritaires. Selon les associations professionnelles de gynécologues : « C’est la place de la patiente qui est mise au cœur des soins en santé sexuelle et reproductive. C’est un appel à ce que celle-ci devienne une véritable actrice de sa santé : la prévention des VGO passe en effet par la création d’un partenariat entre les professionnel·le·s de santé et les patientes. »

L’accent est également mis sur l’évolution de la formation initiale et l’inclusion des groupes les plus vulnérables (personnes âgées, personnes en situation de handicap, migrants, LGBTQIA+, etc.). Cependant, pour obtenir des résultats concrets, il est nécessaire de collecter davantage de données, grâce à une grande enquête nationale, et de partager les connaissances entre maternités et spécialistes.

L’Institut pour l’Egalité des Femmes et des Hommes, qui coordonne le groupe de travail, précise aussi que les violences gynécologiques et obstétricales ont des répercussions sur les professionnels, parfois confrontés à des situations de violence, malgré eux, en raison de contraintes hiérarchiques, organisationnelles ou institutionnelles.

Une prise de conscience collective, un cadre mieux défini et une communication transparente devraient contribuer à améliorer une situation encore trop peu médiatisée, mais pourtant tellement fréquente.