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Guerre en Ukraine : scepticisme croissant avant trêve pascale de Moscou

Le chef de l’Etat ukrainien, Volodymyr Zelensky, a indiqué que son pays était prêt à respecter une pause de 32 heures dans les hostilités, déjà proposée par ses soins. Selon l’armée de l’air ukrainienne, la Russie a lancé dans la nuit de jeudi à vendredi 128 drones contre le pays.


Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a déclaré que son pays était prêt à respecter une pause rare dans les hostilités, déjà proposée par ses soins. Cependant, la lassitude, le scepticisme, l’amertume et l’ironie dominent les esprits, alors que l’Ukraine entre dans la cinquième année d’un conflit sanglant et que les négociations diplomatiques stagnent. Malgré plusieurs cycles de discussions, aucune avancée concrète n’a été réalisée.

Cette trêve de 32 heures évoque celle instaurée pour la Pâque l’année précédente. Les deux camps s’étaient alors mutuellement accusés de l’avoir enfreinte des centaines de fois, bien que l’armée de l’air ukrainienne ait signalé une diminution des frappes aériennes russes. « Qu’ils la fassent, s’ils veulent la faire !« , résume Dmytro Sova, un acteur de 42 ans rencontré à Kiev. « Même aujourd’hui, des (drones) Shahed, des missiles sont lancés contre l’Ukraine. Alors allez-y, commencez le cessez-le-feu. »

Dans le même temps, l’armée de l’air ukrainienne a rapporté que la Russie a lancé dans la nuit de jeudi à vendredi 128 drones sur le pays. Depuis le 10 mai 2025, des centaines de drones russes de longue portée frappent quotidiennement son territoire.

Moscou, qui prétend vouloir parvenir à un règlement de paix, a rejeté les appels à un cessez-le-feu durable et inconditionnel formulés par Kiev. Les négociations, sous l’égide des États-Unis, sont notamment bloquées par l’avenir des régions orientales de l’Ukraine, partiellement occupées par la Russie, que Moscou souhaite voir cédées par Kiev.

L’Ukraine a fermement rejeté cette idée, affirmant que cela ne ferait qu’encourager la Russie et rendre le pays vulnérable à de nouvelles attaques. « Ils doivent être mis sous pression pour qu’ils s’assoient ensuite à la table des négociations, retirent leurs troupes de notre pays et partent pour toujours« , souligne Dmytro Sova. En se remémorant les violations du cessez-le-feu de la Pâque orthodoxe l’année précédente, Iouri Dounai, un habitant de Kiev de 46 ans, pense que « ce n’est pas la peine de s’attendre à un miracle » cette année.

À Moscou, l’atmosphère semble différente : les personnes interrogées par l’AFP espèrent que cette trêve pourrait être le début d’un accord plus large. « Je suis juste pour la paix, c’est tout ce que je peux dire. Grâce à Poutine, peut-être que les choses continueront à bien se passer« , déclare Elena, une coiffeuse de 58 ans qui ne donne que son prénom. Un avis partagé par Lioubov Pavlenko, un retraité, qui considère l’annonce du cessez-le-feu comme une « merveilleuse nouvelle« . « Je suis pour la paix sur Terre. Et je souhaite que toute cette guerre se termine le plus tôt possible. »