Fuite de pétrole à Anvers : la principale voie d’accès rouvre
Tout le trafic dans la partie nord du port d’Anvers a été suspendu, empêchant l’accès des porte-conteneurs et cargaisons empruntant l’Escaut, avec une cinquantaine de navires bloqués à la mi-journée. La quantité de pétrole déversée dans l’eau restait inconnue vendredi.
Cela a entraîné la suspension de tout le trafic dans la partie nord du port, orientée vers la haute mer, bloquant l’accès des porte-conteneurs et cargos empruntant l’Escaut. Une cinquantaine de navires étaient coincés dans les deux sens à la mi-journée. La quantité de pétrole déversée dans l’eau était encore inconnue vendredi.
La société exploitante, qui gère les ports d’Anvers et de Zeebruges, a exprimé ses « regrets » concernant l’incident, soulignant son potentiel impact « sur les zones naturelles vulnérables le long de l’Escaut ». « Nous faisons tout notre possible pour limiter au maximum les dommages tant opérationnels qu’écologiques », a-t-elle assuré.
Le transporteur maritime MSC a confirmé qu’un de ses navires était impliqué, sans donner plus de détails. « Notre priorité, c’est la sécurité », a déclaré à l’AFP une porte-parole de MSC en Belgique, ajoutant que la société était centrée sur la protection « de l’équipage, du terminal, de la nature ». L’organisation flamande de défense de l’environnement, Climaxi, a exprimé des craintes quant à un risque d’impact sur la biodiversité dans plusieurs zones naturelles humides avoisinantes, dont le polder de Doel, un village voisin du port d’Anvers.
Le port d’Anvers, avec ses nombreux kilomètres de quais, est considéré comme l’un des poumons économiques de la Belgique. En 2025, il a traité 266,5 millions de tonnes de fret, soit une baisse de 4% par rapport à l’année précédente, en raison d’une diminution du trafic de vracs liquides. Le transbordement de conteneurs a légèrement progressé en tonnage (+0,4%, atteignant 149,4 millions de tonnes). Baromètre de la santé de l’économie européenne et de l’impact des crises géopolitiques, le port a noté une augmentation de ses volumes à l’importation, notamment en acier chinois et en GNL américain.
Au total, 20.236 navires ont transité par le port d’Anvers l’an dernier (+0,2%). Le nombre de croisières à Zeebruges a quant à lui diminué, atteignant 166 escales pour 466.089 passagers.
La conseillère Ilse van Dienderen (Groen) a exigé un rapport détaillé sur l’impact écologique. « Il s’agit du deuxième incident grave de ce type survenu dans le même bassin en deux ans », a-t-elle affirmé. « Nous voulons savoir quelles modifications structurelles ont été apportées depuis et si un plan d’urgence actualisé était en place. » En juin 2024, des tonnes de fioul s’étaient répandues dans le Deurganckdok lors d’une opération de soutage. Les opérations de nettoyage avaient duré plus de dix jours. « Selon le Koepel Binnenvaart Vlaanderen, des irrégularités ont été constatées à cette occasion », a poursuivi Ilse van Dienderen. « Pour la navigation intérieure, il fallait attendre cinq jours pour atteindre le quai. Des accords ont-ils été conclus depuis concernant le partage des coûts liés aux dommages écologiques ? » Enfin, le parti souligne que la grande marée de vives-eaux approche. Le niveau de l’Escaut va monter considérablement, ce qui pourrait propager davantage les résidus d’hydrocarbures dans la région.

