Belgique

Drones dans l’espace aérien : 50 millions d’euros justifiés sans appels d’offres

L’émission Pano, diffusée mercredi sur la VRT, a examiné l’achat par la Défense de matériel anti-drones pour un montant de 50 millions d’euros, effectués sans appels d’offres en raison de l’urgence. La Défense a rappelé qu’après le survol du quartier militaire d’Elsenborn en octobre 2025, elle avait lancé une procédure d’achat sans publication, conformément à la loi du 13 août 2011 relative aux marchés publics dans le domaine de la défense et de la sécurité.


L’émission Pano, diffusée mercredi sur la VRT, a traité de l’acquisition de matériel anti-drones par la Défense suite à la « crise des drones » survenue en Belgique à l’automne 2025. À cette période, des survols suspects de drones avaient été rapportés près du camp d’Elsenborn, de la base militaire de Kleine-Brogel ainsi qu’à l’aéroport de Zaventem.

L’enquête réalisée par l’équipe de Pano a scrutinisé les conditions dans lesquelles la Défense a effectué des achats de dispositifs de suivi et d’armes anti-drones pour un total de 50 millions d’euros. Ces acquisitions n’avaient pas été sujettes à des appels d’offres en raison de leur urgence. Pano soulignait également d’éventuels conflits d’intérêts, mettant en lumière des liens personnels entre le ministre de la Défense, Theo Francken, et l’un des responsables d’une des entreprises concernées par les achats. Selon les conclusions de Pano, le prix payé pour ce matériel anti-drones aurait été excessif, car d’autres fournisseurs auraient pu proposer des offres plus compétitives.

La Défense a répondu à ces allégations en défendant tant l’achat du matériel anti-drones que les modalités de cet achat. Elle a exprimé ses regrets face aux « insinuations et au climat » engendrés par le reportage diffusé par la VRT.

Elle a rappelé qu’à la suite des survols du quartier militaire d’Elsenborn en octobre 2025, elle avait lancé une procédure d’achat sans publication, conformément à la loi du 13 août 2011 relative aux marchés publics dans le domaine de la défense et de la sécurité.

La Défense a aussi précisé que le Conseil des ministres avait validé le dossier après avis favorable de la Commission parlementaire des achats militaires. De plus, elle a défendu les commandes et le prix payé, mentionnant que celles-ci avaient été passées auprès de quatre entreprises belges et d’une société étrangère. L’installation du matériel sur les sites critiques est achevée, tandis que son déploiement dans les autres quartiers militaires se poursuivra jusqu’en juin 2026.

À la Chambre, lors d’une séance des questions d’actualité ce jeudi, Theo Francken a dû se défendre face aux critiques de l’opposition. Plusieurs députés lui ont reproché sa communication suite aux survols présumés de drones au-dessus de l’aéroport de Bruxelles-National, en évoquant une transmission à un quotidien flamand de photos censées montrer des drones, alors qu’il s’agissait en fait d’un hélicoptère de la police. Les députés de l’opposition ont également critiqué le coût des achats, s’élevant à 50 millions d’euros, sans appels d’offres.

En réponse, Theo Francken a reconnu que les photos envoyées à la presse flamande montraient bien un hélicoptère de police cherchant un drone, mais a précisé qu’il n’en avait pas connaissance à ce moment-là. Répondant aux accusations de « copinage », le ministre a déclaré que « prétendre que c’est de la politique des petits amis ou même de la corruption, c’est d’un niveau particulièrement bas et totalement infondé ». Theo Francken a admis avoir connu le patron de l’une des quatre sociétés retenues, Senhive basée à Hasselt, mais a précisé que cela était en janvier 2025, à une époque où il n’était pas encore ministre et où le dirigeant en question était encore chercheur dans un institut flamand.

Concernant les achats, « aucune loi n’a été détournée », a affirmé le ministre, ajoutant que l’urgence engendrée par la série de survols de drones justifiait que ces achats soient effectués rapidement sans appel d’offres. Recourir à une procédure de marchés publics aurait été trop long, a-t-il expliqué, soulignant que la loi de 2011 sur les marchés publics dans le domaine de la défense et de la sécurité permettait de ne pas passer par des appels d’offres.