Belgique

Des talibans attendus cet été à Bruxelles pour le renvoi d’Afghans.

Cette visite, coordonnée par la Commission européenne et plusieurs Etats membres, fait suite à deux déplacements de responsables européens en Afghanistan, portant sur le même sujet. L’Office belge des étrangers a confirmé que « des discussions » étaient en cours « concernant une mission de suivi à Bruxelles ».


Cette visite, organisée par la Commission européenne et plusieurs États membres, fait suite à deux voyages de responsables européens en Afghanistan, traitant du même sujet.

Interrogé par l’AFP, l’Office belge des étrangers a confirmé que « des discussions » étaient en cours « concernant une mission de suivi à Bruxelles« . Une source diplomatique a précisé que l’objectif était d’inviter cette délégation de responsables talibans, au niveau « technique », « avant l’été ».

Poussés par une volonté commune de renforcer leurs politiques migratoires, environ vingt pays de l’UE étudient comment renvoyer des migrants, en particulier ceux condamnés par la justice, vers l’Afghanistan.

Cette visite, initialement prévue à la fin mars, devrait maintenant se tenir dans les semaines à venir, comme l’a appris l’AFP, confirmant une information de Euractiv.

Une visite qui pose question

Elle soulève cependant une multitude de questions pratiques et éthiques. D’abord, parce qu’elle implique de dialoguer avec les responsables talibans, au pouvoir depuis 2021, alors que l’Union européenne ne les reconnaît pas officiellement. L’Office belge des étrangers a souligné que les contacts « avec les autorités afghanes de facto » étaient actuellement limités à un « niveau strictement technique » et n’impliquaient pas « d’engagement politique avec les membres du régime taliban« .

Pour entrer en Belgique, pays hôte des institutions européennes, ces responsables talibans devraient recevoir des exemptions, ce que les autorités belges seraient théoriquement disposées à faire, bien que cette demande ne leur ait pas encore été formulée.

Ensuite, parce que l’Afghanistan est déjà en proie à une grave crise humanitaire. Depuis 2023, plus de cinq millions d’Afghans ont regagné leur pays en provenance d’Iran et du Pakistan, souvent de manière forcée. Selon les organisations internationales, la majorité d’entre eux vit dans une grande précarité, dépourvue de logement durable et d’emploi.

En 2025, les Afghans représentaient encore de loin la nationalité la plus présente parmi les demandes d’asile dans l’UE.