David Attenborough a 100 ans : science et art en documentaire animalier
David Attenborough, anobli par la reine Elizabeth II en 1985, a commencé sa carrière sur la BBC en 1951 et a marqué plusieurs générations par son art de la narration. Tanguy Dumortier, documentariste, a exprimé sa fascination pour le travail de David Attenborough, soulignant l’importance des équipes derrière lui et le fait qu’il adapte des documentaires pour le format de l’émission « Jardin extraordinaire ».
David Attenborough est d’abord reconnu par sa voix inimitable, légèrement éraillée mais toujours empreinte d’émotion. Son talent pour narrer la vie animale a captivé des centaines de millions de téléspectateurs.
David Attenborough, ou plus précisément Sir David Attenborough, est le nom complet de cet homme, ayant été anobli par la reine Elizabeth II en 1985 grâce à sa formation en géologie et zoologie.
« David Attenborough a tout en un seul personnage. »
En Belgique, Tanguy Dumortier exerce un rôle similaire en tant qu’animateur de « Jardin extraordinaire ». Documentariste depuis environ quinze ans, il admire beaucoup son homologue britannique : « J’ai toujours été fasciné par son travail. Et, même si on parle du travail de David Attenborough, en réalité c’est le travail de beaucoup d’équipes derrière lui et avec lui, donc forcément j’ai toujours regardé avec passion ces documentaires. »
Ayant commencé sa carrière en 1951 à la BBC, le zoologiste britannique a marqué profondément plusieurs générations par son art de raconter. Tanguy Dumortier note : « David Attenborough a tout en un seul personnage, je pense que c’est ça le secret de sa longévité. Il est à la fois scientifique, biologiste, zoologiste de formation, il connaît donc l’environnement. Ensuite, il s’est également intéressé à la technique de tournage. Enfin, c’est un narrateur exceptionnel, il réussit à donner vie aux histoires d’animaux qui ne parlent pas, en les racontant avec connaissance, bienveillance, passion et une touche d’humour britannique délicieuse. »
Derrière le personnage de David Attenborough se cache également une équipe impressionnante. Il souligne souvent lors d’interviews que des équipes travaillent sur des projets comme « Planet Earth » pendant des années. Tanguy Dumortier, ayant observé ces équipes en Inde et au Congo, précise : « Ils commencent sept ou huit ans avant, ils sont sur le terrain pendant des années pour certains. »
Le « Jardin extraordinaire » n’utilise pas les documentaires de la BBC tels quels, mais les remonte pour les adapter à son format. Tanguy Dumortier estime que cela s’apparente à ouvrir le capot d’une Rolls Royce et de se demander comment créer une petite Rolls Royce à partir de là. Cela lui semble passionnant car cela révèle le processus de création.
« Il a amené plein de choses qui sont structurellement visibles dans notre rapport au vivant d’un point de vue visuel. »
Nicolas Vereecken, professeur d’entomologie et d’agroécologie à l’ULB, a découvert David Attenborough plus tardivement. Possédant presque tous les DVD de ses œuvres, il souligne l’évolution marquée de sa carrière : « Il a commencé très jeune avec des missions à l’étranger puis il a pris du galon à la BBC, ayant accompagné l’avènement de la télévision couleur. »
Nicolas Vereecken a été particulièrement impressionné par « La vie privée des plantes ». Ce documentaire, selon lui, était pionnier grâce à son utilisation de nouvelles techniques vidéo pour montrer les plantes dans un autre contexte temporel. Il a permis, par exemple, d’observer les comportements de plantes à travers le timelapse, illustrant des stratégies de reproduction et de survie qui n’avaient jamais été présentées auparavant. Il conclut que cela a inspiré de nombreux chercheurs, lui y compris, lui qui travaillait alors sur la pollinisation des orchidées.
« On a vu aussi des images d’interactions entre des plantes et des insectes qui avaient été peu étudiées jusqu’alors et rarement montrées de cette façon. »

