Bilan de l’opération américaine au Venezuela : soldats et civils tués.
Le président américain Donald Trump a déclaré depuis Air Force One, dimanche 4 janvier, que l’attaque des Etats-Unis contre le Venezuela avait causé de nombreuses pertes dans l’autre camp, sans en signaler de son côté. Selon l’armée cubaine, 32 militaires cubains ont été tués lors de l’assaut américain du 5 janvier, tandis que le général vénézuélien Joan Hernandez Larez a annoncé que le bilan des militaires vénézuéliens était passé à 24 victimes.
« Il y a eu beaucoup de morts dans l’autre camp, aucun de notre côté ». Depuis son avion Air Force One, dimanche 4 janvier, le président américain Donald Trump a exprimé sa satisfaction concernant l’attaque menée la veille à l’aube par les États-Unis contre le Venezuela, qui a abouti à la capture du président de ce pays et de sa femme pour les juger à New York. « C’était une opération extraordinaire », « du jamais-vu depuis la Seconde Guerre mondiale », avait-il déjà déclaré la veille lors d’une grande conférence de presse depuis sa résidence en Floride.
Cependant, entre les bombardements de nombreux sites à travers le Venezuela et « l’extraction » de Nicolas Maduro par des commandos américains, il est difficile d’évaluer l’ampleur réelle des pertes humaines. L’opération des États-Unis a-t-elle seulement touché des combattants ? Les forces spéciales américaines ont-elles réussi à s’en sortir sans blessure ? Franceinfo fait le point sur les différents bilans connus.
Le Venezuela et Cuba ont confirmé la mort d’au moins 55 soldats. Mardi 6 janvier, soit trois jours après l’opération militaire éclair des États-Unis, la nouvelle présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a décrété un deuil national d’une semaine en mémoire des « martyrs qui ont donné leur vie pour la défense de notre pays ». Parmi ces victimes figurent « des jeunes, des femmes, des hommes », a-t-elle précisé à la télévision nationale, tous tués « en défendant le Venezuela et le président Nicolas Maduro ». En l’espace de soixante-douze heures, le bilan officiel de cette attaque a énormément évolué.
Les premiers morts ont été annoncés par le gouvernement cubain, allié historique du Venezuela. Selon l’armée cubaine, 32 militaires en provenance de l’archipel et déployés pour protéger la présidence vénézuélienne ont été tués lors de l’assaut américain, qualifié de « crime d’agression et de terrorisme d’État ». Les portraits de ces militaires, âgés de 26 à 67 ans, ont été diffusés mardi sur le réseau social X.
Du côté vénézuélien, les autorités peinent à fournir un rapport sur les pertes au sein de leurs forces de sécurité. Le nombre de soldats morts est passé de 15 à 24, selon un chiffre partagé mardi par le général Joan Hernandez Larez. Sur son compte Instagram, le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino Lopez, a déclaré que les Américains avaient « assassiné de sang-froid une grande partie de l’équipe de sécurité [de Nicolas Maduro] », ainsi que « des soldats et des citoyens ».
Des civils ont également été tués, mais leur nombre exact reste flou. Dans un discours diffusé dimanche, le ministre de la Défense vénézuélien a affirmé que « des zones résidentielles » avaient été touchées par l’armée américaine lors des frappes visant des bases aériennes, navales, ainsi que des baraquements de l’armée vénézuélienne – incluant aussi le palais présidentiel de Miraflores à Caracas.
Le nombre de victimes civiles demeure inconnu. L’AFP a confirmé le décès d’une femme de 78 ans lors des bombardements. Par ailleurs, la radio-télévision publique de Colombie a reporté la mort d’une ressortissante colombienne de 45 ans, tuée sur sa terrasse à quelques kilomètres de Caracas. Selon le Réseau des médecins au Venezuela, une organisation citée par plusieurs médias du pays, l’attaque américaine aurait causé 70 morts et 90 blessés au total, sans préciser si les militaires faisaient partie de ce bilan.
Sept soldats américains ont été blessés. Malgré leur préparation et les nombreuses frappes préventives, les forces spéciales américaines ont rencontré des poches de résistance au sol. Selon un rapport de l’opération fourni par le général américain Dan Caine, cité par CNN, un des hélicoptères déployés a été touché par des tirs au-dessus de Caracas, le rendant « impossible à piloter ».
Plusieurs médias américains, d’après des sources du Pentagone, rapportent que sept militaires participant à l’attaque ont été blessés. Selon le Washington Post, qui cite l’armée américaine, certains ont été touchés par des tirs lors de l’assaut sur la résidence sécurisée de Nicolas Maduro. Deux de ces militaires ont subi des interventions chirurgicales au Texas et étaient toujours en convalescence mardi.
Un article écrit par Pierre-Louis Caron (France Télévisions), publié le 07/01/2026 à 10h45.

