Bart De Wever ne souhaite pas d’intervention sur les prix de l’énergie.
Des députés de l’opposition et de la majorité se sont succédé jeudi à la tribune de la Chambre pour réclamer des mesures. Le Premier ministre a déclaré : « Prétendre que cette crise créerait des marges budgétaires qui permettraient de jeter de l’argent du haut d’un hélicoptère, ce n’est pas vrai ».
Des parlementaires de l’opposition et de la majorité ont pris la parole jeudi à la Chambre pour demander des mesures. En milieu de matinée, le MR a même organisé une conférence de presse pour « exiger » une solution dès vendredi, lors du conseil des ministres, afin que l’État puisse utiliser les « surgains » pour soulager les consommateurs. Les libéraux, comme les Engagés, réclament l’activation du cliquet inversé.
« Permettez-moi d’apporter un peu de réalisme dans ce débat, de la sérénité et un peu de sérieux », a déclaré le Premier ministre en introduction. « Prétendre que cette crise créerait des marges budgétaires permettant de distribuer de l’argent comme en héliport, ce n’est pas vrai ».
« Il faut se garder d’intervenir. »
Bart De Wever
Le chef du gouvernement a souligné les effets inflationnistes d’une telle augmentation, que l’État doit compenser par l’indexation ou l’augmentation des charges d’intérêt de la dette, engendrant des sommes « colossales ». Selon les experts, il faut même se garder d’intervenir par des mesures stimulant la demande. Les propositions avancées, comme le blocage des prix, n’entraîneraient qu’une réduction modeste pour le consommateur, a-t-il noté.
Concernant la hausse des accises sur le gaz et les produits pétroliers prévue par la loi-programme, celle-ci sera de toute façon appliquée en 2028 selon les règles européennes afin d’inciter les consommateurs à se tourner vers l’électricité. « Au regard du contexte géopolitique actuel, ce n’est pas une incitation déraisonnable, bien au contraire », a-t-il précisé.
Le Premier ministre est prêt à « agir d’urgence » mais pour maîtriser les prix de façon structurelle, par exemple par le développement du nucléaire. « Le ministre Bihet et moi travaillons activement sur ce sujet », a-t-il ajouté.
Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a réaffirmé sa détermination à défendre ses propositions lors des discussions gouvernementales, mettant en avant que, derrière les avis d’experts, se trouve « la vie des gens ».
« Peut-on rester les bras croisés ? Non, il est inacceptable d’assister à une telle escalade sans réagir. Des solutions immédiates existent », a déclaré Marc Lejeune (Les Engagés). « Cela fait cinq semaines que les citoyens paient et que votre gouvernement détourne le regard », a dénoncé Patrick Prévot (PS). « Vous dites que vous n’allez rien faire », a regretté Sofie Merckx (PTB). « Vous faites le choix que les gens paieront le prix de la guerre ». Jeroen Van Lysebettens (Groen-Ecolo) a quant à lui appelé le gouvernement à relancer les projets en mer du Nord pour garantir la sécurité d’approvisionnement du pays.

