500.000 sans-papiers régularisés en Espagne : l’immigration, nécessaire à la survie du pays
Les personnes éligibles à la régularisation doivent prouver qu’elles se trouvaient en Espagne avant le 31 décembre 2025, qu’elles n’ont pas de casier judiciaire et qu’elles résident dans le pays depuis au moins 5 mois au moment de leur demande. Actuellement, un peu plus de 800.000 personnes n’ont pas de papier en Espagne, et plus de 90% de cette population provient d’Amérique Latine.
Les personnes pouvant bénéficier de cette régularisation sont celles capables de démontrer qu’elles étaient présentes en Espagne avant le 31 décembre 2025, qu’elles n’ont pas de casier judiciaire et qu’elles résident dans le pays depuis au moins cinq mois au moment de leur demande.
Actuellement, un peu plus de 800 000 personnes vivent sans papiers en Espagne. Plus de 90 % d’entre elles sont originaires d’Amérique Latine. Cette population, majoritairement hispanophone, est souvent employée dans des conditions précaires, et souvent sans contrainte légale. La régularisation vise donc à améliorer leur situation tout en réduisant l’économie souterraine qui pèse sur les finances publiques.
La régularisation des sans-papiers : une nécessité pour l’Espagne
Avec cette nouvelle politique, l’Espagne cherche à répondre à la pénurie de main-d’œuvre et à soutenir son économie.
Dans sa lettre adressée aux Espagnols, le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez a justifié ce plan de régularisation étendu en évoquant « une nécessité » face au vieillissement de la population espagnole, et pour encourager l’économie nationale, qui est la quatrième de la zone euro et l’une des plus dynamiques d’Europe.
Les chiffres le confirment. « Une des bonnes raisons de notre bon développement économique en Espagne est notre politique migratoire« , assure le gouvernement de Sánchez : 50 % de la croissance espagnole depuis 2022 est attribuée à la présence des travailleurs étrangers. L’hôtellerie, les services à la personne et la construction sont des secteurs où la croissance serait impossible sans la main-d’œuvre immigrée, selon Funcas, un groupe de réflexion.
Cette annonce coïncide avec une bonne nouvelle : le taux de chômage a chuté en dessous de 10 % à la fin de 2025, une première depuis 2008, avec une forte contribution des travailleurs étrangers, qui occupent plus de nouveaux emplois que les Espagnols eux-mêmes.
L’immigration, un pilier structurel de la croissance économique espagnole
Ce décret « est la septième mesure de ce type mise en œuvre en Espagne sous les gouvernements de gauche et de droite depuis les années 1980« , avec d’excellents résultats, selon la ministre espagnole de l’immigration. La plupart des bénéficiaires, affirme-t-elle, se sont intégrés durablement sur le marché du travail.
Cette action répond à une réalité économique et démographique : l’Espagne a besoin de travailleurs, aujourd’hui et dans le futur.
Alors que plusieurs pays durcissent leurs politiques migratoires, Madrid choisit de continuer à accueillir. Cette stratégie n’est pas idéologique, mais stratégique : elle vise à assurer la survie démographique, économique et sociale du pays. Une étude de l’Office national de prospective espagnol évalue les enjeux à long terme à travers deux scénarios possibles.
Dans le premier scénario, si l’Espagne maintient ses niveaux d’immigration actuels, elle pourra contenir le vieillissement, stabiliser sa population et conserver une base suffisante de travailleurs. L’immigration compense une natalité très faible en Europe, stimule la croissance, alimente les secteurs en tension — agriculture, soins, hôtellerie — et contribue au financement des retraites et des services publics. Dans ce contexte, conclut l’étude de l’Office national de la prospective, l’Espagne pourrait demeurer un pays vivant avec une économie viable, renforçant même son influence relative dans une Europe vieillissante.
En revanche, l’étude met en garde contre le deuxième scénario : un durcissement durable des politiques migratoires. Une baisse des flux migratoires engendrerait un déclin lent, mais marqué :
- D’ici 2075, la population chuterait considérablement, la main-d’œuvre deviendrait rare, et la croissance s’affaiblirait de plus de 20 %.
- En raison du manque de travailleurs, certaines exploitations agricoles disparaîtraient, les soins aux personnes âgées seraient insuffisants, et de nombreux bars et commerces fermaient.
- Les écoles seraient amenées à fermer faute d’élèves, les déserts médicaux s’étendraient, et le système de retraites deviendrait de plus en plus difficile à financer, entraînant des impôts plus élevés ou des prestations fragilisées.
Le message du rapport est clair : pour l’Espagne, l’immigration n’est pas un choix politique parmi d’autres, mais un fondement structurel.

