Algérie

Les prix des légumes s’envolent : tomate à 220 DA, ail à 1200 DA.

Depuis la fin du mois de Ramadan, les prix des produits de large consommation ont flambé, avec la tomate dépassant les 220 DA/kg et l’ail à plus de 1200 DA. La ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Amel Abdellatif, a récemment décidé de multiplier les rencontres avec les représentants des mandataires et des grossistes pour réorganiser la filière.

Depuis la fin du mois de Ramadan, une hausse spectaculaire des prix des produits de grande consommation touche les marchés. Entre la multiplication des intermédiaires et les problèmes dans les circuits de distribution, le consommateur algérien se retrouve encore une fois face à une équation budgétaire complexe.

L’accalmie aura été de courte durée. Alors que les citoyens espéraient une stabilisation des prix après la frénésie du mois sacré, les marchés de détail présentent des tarifs vertigineux. Les chiffres sont sans appel : la tomate a dépassé les 220 DA/kg, tandis que l’ail atteint plus de 1200 DA. Même le oignon rouge, ingrédient incontournable de la cuisine locale, refuse de descendre en dessous de 110 DA.

Comment expliquer une telle flambée ? Pour les acteurs du secteur, le mal est profond et structurel. Le schéma de distribution actuel ressemble à un parcours d’obstacles où le produit change de mains plusieurs fois avant d’arriver dans le panier de la ménagère.

Peut être une image de fruit et chou collard

Dès l’aube, l’agriculteur vend sa récolte à un premier intermédiaire. Ce dernier la revend à un deuxième, voire à un troisième acteur. En conséquence, avant même 5 heures du matin, la marchandise a déjà subi trois marges bénéficiaires successives.

Ce phénomène, décrit comme une « multiplication des maillons », gonfle artificiellement les prix, au détriment du producteur initial et du consommateur final.

Toutefois, la désorganisation du marché n’est pas la seule responsable. Le facteur climatique et la saisonnalité pèsent également lourd dans la balance. En effet, plusieurs produits demandés arrivent en fin de cycle ou ne sont tout simplement pas de saison, ce qui réduit mécaniquement l’offre.

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De plus, une météo capricieuse a perturbé les récoltes et freiné l’acheminement des marchandises durant plusieurs semaines, accentuant ainsi la rareté et, par conséquent, la cherté des produits sur les étals.

Régulation des prix : L’offensive du ministère du Commerce pour assainir le marché

Face à la montée du mécontentement, les autorités ont décidé de reprendre les choses en main. La ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Amel Abdellatif, a récemment multiplié les rencontres avec les représentants des mandataires et des grossistes.

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L’objectif est de réorganiser la filière par le biais d’une approche participative. Pour le ministère, il ne s’agit plus seulement de surveiller, mais de restructurer en profondeur :

  • Réduire le nombre d’intermédiaires pour limiter les marges parasitaires.
  • Renforcer le contrôle sur les itinéraires de distribution.
  • Moderniser la gestion des espaces de vente.
  • Encourager la transparence des transactions.

Pour de nombreux experts, la stabilisation durable des prix ne sera possible qu’avec une « moralisation » des activités commerciales.

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En engageant davantage les professionnels dans la recherche de solutions et en numérisant les flux de marchandises, l’État espère réduire les écarts considérables entre le prix de gros et le prix de détail. Une réforme qui n’est plus un luxe, mais une nécessité absolue pour protéger le pouvoir d’achat des citoyens.