
Importation des moutons de l’Aïd : 41 suspects devant la justice
Le Procureur général près la Cour d’Alger a animé ce samedi une conférence de presse portant sur l’opération d’importation des sacrifices de l’Aïd El-Adha 2026. À l’issue des investigations, 41 suspects ont été présentés devant le procureur de la République près le Pôle pénal économique et financier d’Alger.
Le Procureur général près la Cour d’Alger a tenu ce samedi une conférence de presse concernant l’opération d’importation des sacrifices de l’Aïd El-Adha 2026. Ce dossier d’importance nationale a révélé de graves abus, des manipulations et des fraudes flagrantes aux règles des marchés publics. Suite à la détection de dysfonctionnements profonds affectant le processus, une enquête judiciaire approfondie a été immédiatement lancée en coordination avec les divers services de sécurité.
Moutons importés : Un double scandale sanitaire et financier. D’après les informations fournies par le Procureur général, les infractions constatées se répartissent en deux volets principaux. Le premier concerne le volet sanitaire et vétérinaire : les enquêtes sur cette opération massive, qui a bénéficié à l’Algérienne des viandes rouges (ALVIAR) pour l’importation de près d’un million de têtes d’ovins entre le 25 mars et le 29 mai 2026, ont mis en lumière des défaillances administratives graves. Les enquêteurs ont relevé des violations caractérisées des lois et un laxisme alarmant concernant la protection sanitaire du pays, soulignant une passivité coupable face au refus de cargaisons de cheptel montrant des symptômes cliniques au port de Béjaïa. Le second volet concerne l’aspect contractuel et financier, où le processus a été entaché de manipulations réglementaires.
Quarante et un suspects devant le Pôle financier. À l’issue des investigations, 41 suspects ont été présentés devant le procureur de la République près le Pôle pénal économique et financier d’Alger. Ils sont poursuivis pour plusieurs chefs d’inculpation graves, tels que abus de fonction, trafic d’influence, dilapidation de deniers publics, violation des dispositions législatives et réglementaires relatives à la conclusion de marchés publics, et blanchiment d’argent. Le juge d’instruction en charge du dossier a ordonné le placement en détention provisoire de 13 accusés, tandis que les autres personnes poursuivies sont sous le régime du contrôle judiciaire. Cette accélération judiciaire suit les mesures fermes prises au début du mois précédent. Le 7 juin 2026, lors d’un Conseil des ministres dédié au bilan final de l’opération, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait personnellement demandé l’ouverture d’une enquête approfondie sur les manquements observés, ciblant particulièrement l’organisation et la distribution de ces cheptels.
