Algérie

Fraude à l’allocation touristique : l’État annonce des contrôles.

Le ministre de l’Intérieur et des Transports, Saïd Sayoud, a révélé l’existence d’une fraude organisée autour de l’allocation de voyage de 750 euros accordée par l’État aux citoyens algériens. Près de 100 000 cas de fraude auraient été recensés en un mois et demi, la majorité des personnes impliquées étant des chômeurs utilisés par ces réseaux.


Le ministre de l’Intérieur et des Transports, Saïd Sayoud, a fait état d’une fraude systématique autour de l’allocation de voyage attribuée par l’État aux citoyens algériens. Lors d’une intervention devant les députés de l’Assemblée populaire nationale, il a précisé que ce dispositif, conçu pour faciliter les voyages à l’étranger, avait été détourné par des réseaux illégaux, impliquant divers intermédiaires et certaines agences de voyages.

Cette allocation, d’un montant de 750 euros, est devenue un problème majeur à cause de fraudes répétées. Les autorités ont donc dû imposer des restrictions temporaires aux postes-frontières afin de freiner cette pratique et de réduire les pertes en devises.

Saïd Sayoud a signalé que le gouvernement a réalisé une évaluation approfondie de la situation en coopération avec les autorités tunisiennes, lors d’une récente visite officielle avec le Premier ministre. Cette enquête conjointe a révélé l’implication de certaines agences de voyages dans l’organisation de déplacements suspects de citoyens algériens, utilisant des méthodes frauduleuses pour capter des devises étrangères.

Le mode opératoire observé est simple mais efficace : des citoyens algériens sont légalement introduits en Tunisie, où leurs passeports sont tamponnés, puis ils sont rapidement renvoyés en Algérie par des postes-frontières surveillés, sans respecter la durée légale de séjour. Ces mêmes individus sont ensuite réintroduits pour répéter le processus et bénéficier plusieurs fois de l’allocation de voyage.

Les statistiques données par le ministre sont jugées « alarmantes » : près de 100 000 cas auraient été identifiés en seulement un mois et demi. La majorité des personnes concernées seraient des chômeurs, manipulés par ces réseaux pour réaliser une fraude transfrontalière. Le ministre a précisé que ces fonds n’ont ni profité à l’économie algérienne ni à celle de la Tunisie, mais ont été entièrement accaparés par des réseaux illégaux et des spéculateurs.

Face à cette problématique, le gouvernement a décidé d’adopter des mesures urgentes, dont l’obligation d’obtenir des autorisations préalables pour les bus des agences de voyages opérant à l’international. Cela a permis de mettre en lumière l’ampleur des fraudes, certaines agences ne pouvant garantir le retour des voyageurs algériens.

Le ministre a également rassuré sur un point clé : l’allocation de voyage ne sera pas supprimée. Ce droit est assuré pour les citoyens algériens. Néanmoins, des mécanismes juridiques et organisationnels sont en cours de mise en place pour éviter toute exploitation abusive et préserver la nature sociale de cette aide.

Un projet est à l’étude pour verser l’allocation via une carte de paiement prépayée. Cette méthode permettrait un meilleur contrôle des fonds, en assurant leur traçabilité et en garantissant qu’ils soient utilisés conformément aux objectifs pour lesquels cette allocation a été mise en place.